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Les vélos électriques en libre-service arrivent sur le territoire d’Esterel Côte d’Azur

Cycliste et marquages vélos sur une piste cyclable rouge
Par Jonathan Caron
Publié le 31 août 2026 à 16h37 – Temps de lecture : 4 minutes

Se déplacer autrement entre Fréjus, Saint-Raphaël et les villages de l’arrière-pays devient un peu plus simple. Depuis ce mercredi 26 août, les premiers vélos à assistance électrique en libre-service sont disponibles à Saint-Raphaël, première étape d’un déploiement qui doit couvrir à terme les cinq communes d’Esterel Côte d’Azur Agglomération. Cette mise en service concrétise une démarche engagée par l’intercommunalité à travers un appel à manifestation d’intérêt lancé auprès des opérateurs de mobilité partagée, à l’issue duquel l’entreprise Lime a été retenue pour déployer et exploiter la flotte.

Le choix d’une organisation à l’échelle de l’agglomération n’a rien d’anodin. Sur ce territoire de 347 kilomètres carrés qui compte plus de 118 000 habitants permanents, les trajets du quotidien franchissent constamment les limites communales, entre le littoral, les centres-villes, les zones d’activités et les villages de l’arrière-pays. Plutôt que de laisser coexister cinq dispositifs juxtaposés, l’Agglomération a voulu un service unique et sans rupture, valable aussi bien aux Adrets-de-l’Estérel qu’à Fréjus, Puget-sur-Argens, Roquebrune-sur-Argens ou Saint-Raphaël. Le vélo à assistance électrique vient ainsi compléter l’offre de mobilité existante en répondant aux trajets de courte et moyenne distance, ceux pour lesquels la voiture reste souvent utilisée par défaut.

Concrètement, les LimeBikes se reconnaissent à leurs couleurs verte et blanche et ont été pensés pour le plus grand nombre, avec un cadre bas, une selle réglable, un panier et un support pour smartphone. L’ensemble du service fonctionne depuis l’application mobile de l’opérateur, disponible sur iOS et Android. L’usager y localise un vélo disponible, le déverrouille, effectue son trajet puis le restitue sur un emplacement autorisé. Un équipement qui se prête aussi bien aux déplacements quotidiens des habitants qu’à la découverte du territoire par les visiteurs, nombreux sur cette portion de côte varoise en toute saison.

La question du stationnement, souvent le point noir des services en libre-service, a fait l’objet d’une exigence forte dans le cahier des charges. L’Agglomération tenait à préserver l’espace public des vélos abandonnés au milieu des trottoirs, un écueil observé dans de nombreuses villes. Le dispositif repose donc sur une identification des zones de stationnement par géolocalisation. La location ne prend fin qu’une fois le vélo déposé sur un emplacement identifié dans l’application. Ces emplacements ne nécessitent pas systématiquement de nouveaux aménagements, un marquage au sol ou des arceaux existants pouvant suffire. Des équipes dédiées assurent par ailleurs la maintenance, le rangement et les interventions sur le terrain.

L’intercommunalité a également souhaité que les habitants des cinq communes soient les premiers bénéficiaires du service. Un tarif qui leur est réservé, baptisé Pass Estérel, leur ouvre droit à soixante minutes de location offertes chaque mois, à la gratuité des frais de déverrouillage et à un tarif préférentiel de dix centimes la minute au-delà du forfait mensuel. Deux autres formules complètent l’offre pour les visiteurs et les usages occasionnels. Le Pass Liberté propose trente minutes de location sans frais de déverrouillage pour 2,99 euros, valable vingt-quatre heures, tandis que le Pass Loisir couvre quatre heures pour 20 euros ou dix heures pour 40 euros, de quoi s’offrir une échappée le long de la Corniche d’Or ou vers le massif de l’Estérel.

Le déploiement se poursuivra par étapes, commune par commune, afin d’ajuster le maillage des points de stationnement à la réalité des usages. Saint-Raphaël a ouvert la marche avec les premiers vélos et les premiers emplacements. À terme, ce sont 650 vélos qui doivent être répartis sur l’ensemble du territoire, avec une densité de points de stationnement adaptée à chaque commune et renforcée pendant la haute saison, lorsque la population du secteur gonfle sous l’effet de la fréquentation touristique.

Pour ce territoire littoral où la circulation automobile se densifie chaque été, l’arrivée d’une flotte de vélos électriques partagés représente une alternative concrète pour les trajets de proximité. Les habitués de la voiture pour les petits parcours entre deux communes disposent désormais d’une option souple, économique pour les résidents et sans contrainte d’entretien, qui pourrait modifier durablement les habitudes de déplacement entre l’Estérel et la Méditerranée.