Comment se déplace-t-on autour de la rade de Toulon au cœur de l’été, lorsque les plages font le plein et que les campings affichent complet ? C’est précisément ce que cherche à mesurer la Métropole Toulon Provence Méditerranée à travers son Enquête Mobilité Estivale 2026, déployée depuis le lundi 15 juin sur l’ensemble de son territoire. Menée en partenariat avec le Cerema, cette étude constitue une première en France pour une métropole en période estivale, et ses résultats intermédiaires, publiés fin août, témoignent déjà d’une mobilisation soutenue des équipes comme du public.
Jusqu’au dimanche 13 septembre, les enquêteurs de la direction des transports et de la mobilité de la Métropole vont à la rencontre des usagers sept jours sur sept. Ils interviennent sur une cinquantaine de sites répartis dans les douze communes du territoire métropolitain, choisis parmi les lieux les plus fréquentés de la saison, des plages aux gares en passant par les musées, les campings, les commerces ou encore les sentiers de randonnée. Une couverture volontairement large, pensée pour recueillir des données représentatives de la diversité des déplacements estivaux, du trajet quotidien d’un habitant vers son travail à l’excursion d’une journée d’un vacancier vers la presqu’île de Giens.
À mi-parcours, les compteurs affichent des chiffres encourageants. Plus de 5 000 questionnaires ont déjà été réalisés depuis le début de la collecte, au rythme moyen de 724 enquêtes par semaine, grâce à une équipe de six à dix enquêteurs mobilisés selon les périodes. Le profil des personnes interrogées reflète la physionomie particulière du territoire en été, avec environ 60 % de résidents de la Métropole et 40 % de touristes et d’excursionnistes, ces visiteurs qui ne passent qu’une journée sur place. Au terme de la campagne, ce sont 8 100 questionnaires qui auront été collectés, un volume suffisant pour dégager des tendances solides.
Le choix du Cerema comme partenaire scientifique donne à l’opération une portée qui dépasse le cadre local. Cet établissement public, référence nationale en matière d’aménagement et de mobilité, accompagne les collectivités dans la production de données fiables et comparables d’un territoire à l’autre. Les enquêtes mobilité qu’il certifie obéissent à une méthodologie rigoureuse, ce qui permet ensuite aux décideurs de fonder leurs choix sur des observations solides plutôt que sur des impressions. En s’attaquant à la saison estivale, un angle mort des enquêtes classiques généralement menées hors vacances scolaires, la Métropole et son partenaire entendent faire émerger un nouveau standard méthodologique national, dont pourraient s’inspirer d’autres territoires touristiques.
L’enjeu est loin d’être théorique pour un territoire comme celui de TPM. Chaque été, la population métropolitaine gonfle considérablement sous l’effet de la fréquentation touristique, et les infrastructures de transport, dimensionnées pour le reste de l’année, se retrouvent sous tension. Routes saturées aux abords du littoral, réseaux de bus très sollicités, stationnement difficile dans les communes balnéaires, les habitants connaissent bien ces réalités saisonnières. Or les données précises sur ces déplacements d’été manquaient jusqu’ici, les grandes enquêtes de référence étant réalisées hors saison.
Une fois analysés, les résultats viendront compléter les enseignements de l’Enquête Mobilité Certifiée Cerema conduite en 2021 et 2022 sur le territoire. La confrontation des deux jeux de données permettra de mesurer ce qui change réellement entre l’hiver et l’été, dans les volumes de déplacements comme dans les modes utilisés. La Métropole disposera ainsi d’une base objective pour anticiper les besoins, adapter son offre de transport et ajuster ses politiques publiques aux spécificités saisonnières, qu’il s’agisse de renforcer certaines lignes de bus en juillet, de repenser les liaisons maritimes ou de mieux organiser l’accès aux sites les plus courus.
Pour les habitants des douze communes, l’exercice peut sembler anodin au détour d’une plage ou d’une gare, le temps de répondre à quelques questions. Il dessine pourtant les contours des mobilités de demain sur le territoire, où la qualité des déplacements estivaux conditionne à la fois le quotidien des résidents et l’attractivité touristique dont vit une large part de l’économie locale.

