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Offensive contre l’habitat indigne à Argenteuil

Par Assia Bedja
Publié le 19 juin 2026 à 09h34 – Temps de lecture : 4 minutes

La municipalité d’Argenteuil franchit une étape supplémentaire et structurante dans sa politique de résorption de l’habitat indigne et de répression des bailleurs indélicats. Au cours des premières semaines du mois de juin 2026, l’action publique s’est intensifiée à travers la mise en place de nouveaux outils juridiques et le déploiement d’opérations de contrôle d’envergure sur le terrain. Cette dynamique répond à une volonté de sécuriser le parc locatif privé et de garantir des conditions d’hébergement conformes à la dignité humaine au sein de la troisième commune d’Île-de-France par sa population.
Le mercredi 3 juin 2026, la Ville d’Argenteuil et la Caisse d’allocations familiales du Val-d’Oise ont formalisé leur coopération par la signature officielle d’une convention de partenariat. Ce dispositif d’échange technique, opérationnel de manière anticipée depuis le 1er mars 2026, instaure un cadre réglementaire pour le partage d’informations confidentielles, dans le strict respect de la législation sur la protection des données personnelles. L’objectif de cette synergie administrative est d’identifier avec une plus grande précision les logements non décents et de détecter les manquements relatifs au permis de louer. Les premiers bilans statistiques de cette collaboration font état de près de 150 suspicions d’infractions au permis de louer d’ores et déjà répertoriées. Les signalements permettent d’orienter les enquêtes et de cibler prioritairement les vérifications dans des secteurs géographiques précis, notamment le quartier du Val Notre-Dame, le centre-ville ainsi que les ensembles immobiliers situés dans le périmètre de l’Opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national du Val d’Argent.
Parallèlement à ces démarches administratives, les interventions opérationnelles se multiplient pour assainir le bâti ancien dégradé. Le mercredi 10 juin 2026, dès six heures du matin, une action de contrôle interservices a été menée dans un immeuble collectif datant de 1900. Cette inspection planifiée s’est déroulée en présence du maire d’Argenteuil, Georges Mothron, de Véronique Laugier, adjointe au maire déléguée à l’Habitat, au Logement et à la Politique de la ville, ainsi que du sous-préfet d’arrondissement et du sous-préfet spécifiquement chargé de la lutte contre l’habitat indigne. Les forces de l’ordre, associant la police municipale et la police nationale, ont encadré l’évaluation technique de l’immeuble.
Les constatations matérielles ont mis en évidence des dérives liées à la division parcellaire illégale. L’immeuble, configuré historiquement pour accueillir quinze appartements et trois dépendances, abritait en réalité vingt cellules d’habitation distinctes. Les agents ont recensé près de cinquante occupants directs subissant des conditions de suroccupation manifeste et de colocation contrainte. L’analyse économique des baux a révélé que des surfaces exiguës de douze à quinze mètres carrés faisaient l’objet de loyers moyens de 350 euros par personne. À l’issue de cette inspection, les services de l’État et de la municipalité ont acté le lancement de huit procédures distinctes pour insalubrité, assorties de quatre mises en demeure immédiates à l’encontre de la propriété.
Le volet technique de l’intervention a également révélé trois infractions caractérisées aux règles du code de l’urbanisme, portant sur la création non déclarée de logements, l’absence de places de stationnement réglementaires et le dépôt de détritus à l’air libre. De plus, deux procédures spécifiques liées à la sécurité du bâti ont été engagées pour pallier des risques structurels urgents, ciblant l’état de la toiture, la vétusté d’un escalier d’accès et la dangerosité des réseaux électriques privatifs et communs.
Les autorités locales et préfectorales ont réaffirmé leur intention d’exploiter l’intégralité des prérogatives de police administrative du maire et du représentant de l’État pour mener les suites judiciaires et réglementaires à leur terme. Cette stratégie globale associe la rigueur du contrôle de la Caisse d’allocations familiales en amont et la force publique sur le terrain en aval. À travers ces mesures coercitives et partenariales, la commune d’Argenteuil entend assainir durablement son marché locatif, neutraliser l’activité des marchands de sommeil et préserver l’intégrité physique et sociale des locataires vulnérables.

Crédit Photo : Ville d’Argenteuil