Alors que s’achèvent les vacances de la Toussaint, une échéance se rapproche pour la jeunesse parisienne : jusqu’au 30 novembre, les 15 à 30 ans peuvent déposer leur candidature au Conseil parisien de la jeunesse. La Ville renouvelle chaque automne la moitié de cette instance et prépare déjà sa promotion 2027. Les dossiers reçus seront départagés début décembre par un tirage au sort, avant l’entrée en fonction des nouveaux membres. L’occasion, pour celles et ceux qui vivent, travaillent ou étudient dans la capitale, de prendre part, deux années durant, à l’élaboration des politiques municipales. Car l’instance se veut un pont entre les 15-30 ans et l’Hôtel de Ville, à un âge où l’on se sent souvent tenu à l’écart des décisions.
Créé pour associer les jeunes aux décisions qui les concernent, le Conseil parisien de la jeunesse compte 100 membres, à parité stricte : 50 femmes et 50 hommes. Il est présidé par le maire de Paris, qui en fixe chaque année les grandes orientations, sans pour autant priver l’assemblée de sa liberté de parole, jusqu’à pouvoir interpeller les élus. Son renouvellement par moitié, à raison de 50 nouveaux membres par an, vise à faire circuler la parole et à éviter que l’instance ne se referme sur un cercle d’habitués. Le mandat court sur deux ans et n’est pas renouvelable, une règle pensée pour garantir un va-et-vient permanent entre l’assemblée et le reste de la jeunesse parisienne.
Les conditions d’accès sont volontairement minimales. Il faut avoir entre 15 et 30 ans et justifier d’un lien avec Paris : y vivre, y travailler, y étudier ou y exercer une activité sociale, par exemple un engagement associatif ou un service civique. Aucune compétence particulière, aucun diplôme ni expérience politique ne sont exigés. Une fois l’appel à candidatures clos, c’est le hasard qui tranche : le tirage au sort, parmi tous les dossiers recevables, doit assurer la diversité des profils et ouvrir l’instance au-delà des seuls jeunes déjà rompus à la vie publique. Ce recours au sort, inhabituel pour une assemblée, est revendiqué comme un gage d’ouverture. La candidature se dépose en ligne, par un formulaire dédié.
Une fois installés, les membres rendent des avis, formulent des propositions et des recommandations à destination des élus. Chaque année, une lettre de mission du maire fixe le programme de travail, mais l’assemblée peut aussi s’emparer de ses propres sujets et soumettre un vœu au vote du Conseil de Paris. Les conseillers peuvent par ailleurs représenter l’instance dans l’arrondissement de leur choix et siéger dans divers comités et jurys de la collectivité. Le rôle reste consultatif, mais il offre un accès rare aux rouages de la décision municipale et une tribune pour porter les préoccupations des 15-30 ans. Pour beaucoup, c’est une première plongée dans la fabrique de l’action publique.
Concrètement, l’engagement demande de la disponibilité. Les membres se réunissent environ deux fois par mois, en soirée, vers 18 h 30, à l’Hôtel de Ville ou dans les locaux de Quartier Jeunes, dans le centre de Paris. S’y ajoutent trois séances plénières par an, dont l’une se tient dans la salle même du Conseil de Paris, là où délibèrent les élus de la capitale. Entre ces rendez-vous, le travail se poursuit en groupes thématiques, au gré des dossiers ouverts par la lettre de mission ou par les membres eux-mêmes. Un engagement bénévole, donc, qui suppose de concilier réunions, études ou travail et vie personnelle.
Politique : cent jeunes pour conseiller Paris
Par Gilbert Caron
Publié le 29 octobre 2026 à 11h33 – Temps de lecture : 4 minutes
