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Un an après la loi contre le narcotrafic, la préfecture du Var dresse un premier bilan

Par Jonathan Caron
Publié le 18 juin 2026 à 17h38 – Temps de lecture : 4 minutes

Un an après l’entrée en vigueur de la loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, le préfet du Var a souhaité mesurer les effets concrets du texte sur le territoire. Entouré des procureurs de la République de Toulon et de Draguignan, il a présenté en ce mois de juin 2026 un premier bilan des actions conduites dans le département, là où le trafic de stupéfiants pèse durablement sur la tranquillité de nombreux quartiers et sur l’économie locale, nourrissant parfois une violence qui inquiète autant les élus que les riverains. Cette restitution, à valeur de point d’étape, traduit la volonté de l’État de rendre visibles des résultats souvent difficiles à percevoir pour les habitants.

La présentation faisait suite à une réunion de l’état-major de sécurité spécialement consacrée au narcotrafic. Cette instance, qui rassemble régulièrement les responsables des forces de l’ordre et des administrations concernées, joue un rôle de coordination essentiel face à un phénomène qui ne connaît ni les frontières communales ni les cloisonnements administratifs. Autour de la table étaient réunis le directeur interdépartemental de la police nationale, le commandant du groupement de gendarmerie du Var, le directeur régional des douanes, les chefs des deux établissements pénitentiaires du département, la directrice de la Caisse d’allocations familiales, le directeur départemental des finances publiques, mais aussi des représentants de la gendarmerie maritime et le référent sûreté de la Chambre de commerce et d’industrie du Var. Cette diversité illustre une conviction désormais partagée, selon laquelle la lutte contre le trafic ne se résume pas à l’action policière et judiciaire, mais mobilise aussi les leviers économiques, sociaux et financiers.

Le choix de réunir des acteurs aussi variés répond à la nature même du narcotrafic, devenu une activité organisée qui irrigue l’économie souterraine, fragilise certains commerces et capte parfois des prestations sociales détournées de leur objet. En associant les douanes, les finances publiques ou encore la CAF, l’État entend frapper les réseaux là où ils sont les plus vulnérables, c’est-à-dire sur leurs ressources financières et sur les circuits qui leur permettent de blanchir l’argent issu de la vente de drogue. Cette approche globale constitue l’une des avancées que la loi du 13 juin 2025 a cherché à consolider.

Au-delà des nouveaux pouvoirs de police administrative accordés aux préfets, ce texte a en effet permis une action renforcée contre les stupéfiants et une adaptation aux formes mouvantes du trafic. Là où les réseaux se réorganisent sans cesse, recourant à de nouveaux modes de livraison et à des points de vente plus discrets, la loi a doté les services de l’État d’outils plus souples et plus réactifs, à la hauteur d’une menace en perpétuelle mutation. Elle autorise notamment des mesures rapides, prises sans attendre l’issue parfois longue des procédures judiciaires, pour neutraliser un commerce servant de couverture ou écarter d’un secteur les individus identifiés comme moteurs du trafic.

Dans le Var, cette palette d’instruments s’est traduite par des résultats chiffrés. Au cours de l’année écoulée, les services ont prononcé 124 arrêtés d’interdiction de paraître, qui visent à éloigner certaines personnes des lieux où elles alimentent le trafic et entretiennent l’insécurité. Cinq commerces ont fait l’objet d’une fermeture administrative, sanction qui permet de tarir les officines servant de paravent aux réseaux. Enfin, vingt-quatre expulsions locatives ont été engagées, ciblant les logements transformés en points d’appui de l’activité criminelle. Ces décisions, prises sur les zones de compétence de la police comme de la gendarmerie, couvrent ainsi l’ensemble du département, des secteurs urbains les plus denses aux communes plus rurales.

Au-delà des chiffres, ces mesures envoient un signal aux habitants confrontés au quotidien aux nuisances du trafic, du bruit aux dégradations, en passant par le sentiment d’insécurité qu’elles nourrissent. En rendant publics ces résultats, accompagnés d’un kit presse et d’une carte détaillant la lutte contre les stupéfiants dans le Var, les services de l’État cherchent à montrer que l’action engagée produit des effets tangibles et qu’elle s’inscrit dans la durée. Ce premier anniversaire ne marque pas un aboutissement, mais une étape dans un combat appelé à se poursuivre, à mesure que les réseaux s’adaptent et que les pouvoirs publics affinent leur réponse pour protéger les Varois et préserver la cohésion des territoires les plus exposés.