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À Menton, Louis Sarkozy se bat pour exister face au Rassemblement national

Par Moira O'Deorain
Publié le 10 mars 2026 à 16h37 – Temps de lecture : 4 minutes

À cinq jours du premier tour des municipales, Louis Sarkozy se retrouve dans une position inconfortable. Le fils de l’ancien président, âgé de 28 ans, brigue la mairie de Menton, dans les Alpes-Maritimes. La ville compte 32 000 habitants. Pourtant, malgré le soutien de LR, Renaissance et Horizons, les sondages ne lui sourient pas.

Un récent sondage Elabe pour BFMTV et Nice Matin le place en quatrième position. Il recueille seulement 16 % des intentions de vote. Loin devant lui, la candidate RN Alexandra Masson écrase la concurrence avec 31 %. Autour de Sarkozy, trois candidats se serrent dans un mouchoir de poche. Laurent Lanquar-Castiel pour la gauche et Sandra Paire en divers-droite obtiennent 17 %. Florent Champion le talonne à 15 %. Face à ce tableau, le candidat assume sa situation. Il confie au Nouvel Obs que si Menton lui dit qu’une année était trop courte pour la séduire, il recommencera. Cette sortie lui a valu des accusations de sexisme, auxquelles il n’a pas répondu.

Louis Sarkozy a passé la moitié de sa vie aux États-Unis. Sa mère Cécilia Attias l’y avait emmené après son divorce avec Nicolas Sarkozy. Résultat, beaucoup de Mentonnais le perçoivent comme un étranger. Dans les rues, les réactions sont directes. Certains habitants s’interrogent sur ce qu’il vient faire ici. D’autres réclament un candidat vraiment ancré dans la ville.

Pourtant, Louis Sarkozy retourne l’argument à son avantage. Son regard extérieur constitue selon lui un atout. Il juge la ville gangrenée par les affaires locales. Il cite notamment le cas de Sandra Paire, ancienne adjointe condamnée en appel à deux ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt.

Sur le terrain, il multiplie les efforts. Son compte TikTok regorge de vidéos à la rencontre des habitants. À moto, il sillonne Menton et distribue son programme aux commerçants. En décembre dernier, Nicolas Sarkozy est venu pour une séance de dédicaces. Une visite présentée comme déconnectée de la campagne, mais dont Louis reconnaît l’impact politique. Malgré tout, la permanence de campagne a subi deux dégradations en deux semaines. Des tags insultants ont recouvert la vitrine, en référence à la condamnation de Nicolas Sarkozy dans l’affaire du financement libyen.

Sur le fond, Louis Sarkozy place le logement au cœur de ses priorités. Dans une ville où 48 % des habitations sont des résidences secondaires selon l’INSEE, il cible les multipropriétaires. Il propose d’obliger ceux qui possèdent plus de quatre logements à en louer la moitié en longue durée, sous peine de contravention. Certaines autres promesses dépassent toutefois les compétences d’un maire. Ainsi, sa cellule de renseignement territorial relève du niveau national. De même, sa proposition de vidéoprotection avec intelligence artificielle se heurte à une impossibilité légale. Lors du débat sur BFM Côte d’Azur le 3 mars, il a aussi surpris en défendant le beau face aux constructions en béton. L’intervention a laissé le public de marbre.

En face, Alexandra Masson dispose d’une implantation solide. Réélue dès le premier tour aux législatives 2024 avec 34 points d’avance, elle bénéficie en plus du soutien de Jordan Bardella venu à Menton. Tranquillement, elle balaie la concurrence.

De son côté, Louis Sarkozy refuse de se poser en rempart face au RN. Il reconnaît le sérieux des propositions de Masson. Une posture qui tranche avec les attentes de Renaissance. Ses alliés l’ont sommé de clarifier ses liens avec l’extrême droite après qu’il s’est dit prêt à travailler avec Reconquête et le RN. Il a finalement assuré qu’aucune alliance ne serait envisagée.

Quoi qu’il arrive le 15 mars, Louis Sarkozy promet de continuer. Il l’a confié à Libération : il essaiera jusqu’à ce que ça marche. Sur son ancrage local, il est déjà clair : une fois parachuté, il ne compte pas redécoller.