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Environnement : la Seine-et-Marne traque les dépôts sauvages

Par Assia Bedja
Publié le 17 juillet 2026 à 10h34 – Temps de lecture : 4 minutes

Le Département de la Seine-et-Marne a mis en service, depuis le 1er juillet 2026, ses premières caméras de photo-verbalisation destinées à lutter contre les dépôts sauvages de déchets le long des routes départementales. L’annonce, formulée fin juin, marque une étape nouvelle dans un combat que la collectivité présente comme prioritaire pour la propreté et la préservation de son cadre de vie.
Le constat qui a conduit à ce déploiement est lourd. Chaque année, près de 1 000 tonnes de déchets sont abandonnées sur les bords des voies départementales, selon les chiffres communiqués par le Département. Le nettoyage de ces dépôts illégaux représente pour la seule collectivité départementale un coût supérieur à un million d’euros par an, sans compter les nuisances visuelles, les risques pour l’environnement et les dangers que ces amas peuvent faire courir aux usagers de la route.
Gravats, encombrants, déchets verts, pneus ou ordures ménagères : les matériaux abandonnés sont variés, et les auteurs échappent le plus souvent à toute sanction, faute de preuve. C’est précisément cette difficulté que le nouveau dispositif entend lever. Pour endiguer le phénomène, dix caméras de la société Vizzia vont être installées, puis déplacées en rotation, sur le territoire. Le dispositif concerne quarante et une communes volontaires, réparties dans l’ensemble du département. Les appareils sont conçus pour détecter un dépôt dès son apparition, repérer les véhicules impliqués et transmettre aux autorités les éléments nécessaires à la verbalisation.
Ce déploiement s’inscrit dans un partenariat avec Seine-et-Marne Numérique, structure publique chargée de l’aménagement numérique du territoire. Le financement bénéficie du soutien de la Région Île-de-France. Le Département présente l’initiative comme la première de cette ampleur menée à l’échelle départementale, avec l’ambition de couvrir progressivement les secteurs les plus exposés aux décharges illégales, notamment les zones isolées, les entrées de chemins et les abords des ronds-points.
Le mécanisme de sanction repose sur les pouvoirs de police des maires. Une fois un dépôt constaté et son auteur identifié, les informations sont transmises à l’édile concerné. En application de l’article L. 541-3 du code de l’environnement, celui-ci peut exiger du contrevenant qu’il enlève ses déchets et prononcer une amende administrative dont le montant peut atteindre 15 000 euros. La collectivité entend ainsi renforcer concrètement les moyens d’action des communes, souvent démunies face à ces infractions difficiles à constater sur le vif et longtemps restées impunies.
Le président du Département, Jean-François Parigi, a souligné que ce dispositif offrait aux communes des moyens supplémentaires pour identifier les auteurs, sanctionner les comportements irresponsables et protéger durablement l’environnement contre ce fléau. La démarche vise autant à réprimer qu’à dissuader, la seule présence de caméras étant censée décourager les dépôts avant même qu’ils ne se produisent.
Ce volet répressif s’accompagne d’un travail de prévention. Le Département met à la disposition des collectivités locales des outils d’information et de sensibilisation destinés à mieux faire connaître les gestes autorisés, les points de collecte, les déchèteries et les sanctions encourues. L’objectif affiché est de combiner pédagogie et fermeté pour faire reculer durablement les décharges illégales, dans un département où la ruralité de nombreux secteurs offre de multiples occasions de déposer discrètement des déchets.
Les premiers mois d’exploitation permettront de mesurer l’efficacité réelle du dispositif, tant sur le nombre de contrevenants identifiés que sur l’évolution des tonnages ramassés. Le Département a indiqué que les caméras seraient déplacées en fonction des besoins, afin de couvrir un maximum de zones sensibles au fil de l’année. Les communes qui ne figurent pas encore parmi les quarante et une participantes pourront, selon la collectivité, rejoindre le dispositif à mesure de son extension.