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Le sentier du littoral du Niel rouvre à Hyères après vingt-cinq ans

Sentier du littoral entre mer et colline verdoyante
Par Jonathan Caron
Publié le 15 juillet 2026 à 15h42 – Temps de lecture : 4 minutes

C’est un morceau de côte que toute une génération de promeneurs n’avait jamais pu parcourir. Fermé depuis 2001 en raison de désordres géotechniques qui fragilisaient ses falaises, le sentier du littoral du Niel, sur la presqu’île de Giens à Hyères, est enfin rendu au public en ce mois de juillet 2026. La Métropole Toulon Provence Méditerranée, qui a piloté l’opération avec ses partenaires, a officialisé cette réouverture le mercredi 8 juillet, au terme d’un chantier d’envergure précédé de plus de dix années d’études.

Le dossier était tout sauf simple. Les mouvements de terrain qui avaient justifié la fermeture du passage il y a un quart de siècle imposaient de sécuriser durablement les falaises avant d’envisager le retour des marcheurs. La métropole a donc engagé un vaste programme de confortement et de réhabilitation qui a permis de restaurer près de 800 mètres de cheminement. Les équipes ont réalisé des ouvrages de soutènement et des ancrages de fondation, complétés par une requalification complète du parcours. Trois butons de confortement en pierre soutiennent désormais les secteurs les plus sensibles, tandis que le tracé a été déporté à l’intérieur du domaine de l’hôtel Le Provençal afin de contourner une zone trop fragilisée pour être franchie en pied de falaise. Damien Piffet, qui représente l’établissement, s’est dit très heureux de voir le projet aboutir après toutes ces années d’attente.

La technicité du chantier se doublait d’une exigence environnementale forte. Le sentier du Niel se situe en effet en zone Natura 2000, ce réseau européen qui protège les habitats naturels remarquables, et s’inscrit dans le périmètre du Parc national de Port-Cros, pionnier de la protection marine en Méditerranée. Le site est par ailleurs classé au titre des paysages, un régime qui encadre strictement toute intervention. Chaque phase de travaux a donc fait l’objet d’un suivi environnemental dédié, facturé 19 800 euros, pour s’assurer que la remise en état du passage ne se fasse pas au détriment des milieux qu’il traverse. Cette attention explique en partie la durée du projet, les études préalables ayant cherché des solutions capables de concilier sécurité des promeneurs et préservation d’un environnement littoral particulièrement sensible.

L’investissement consenti donne la mesure de l’opération. La sécurisation des falaises a représenté 405 113 euros, la réhabilitation du cheminement 593 700 euros et la maîtrise d’œuvre 83 900 euros. En ajoutant le suivi environnemental, la facture totale atteint 1 102 513 euros toutes taxes comprises. Une somme conséquente pour 800 mètres de sentier, mais qui s’explique par la complexité des ouvrages réalisés dans un site escarpé, difficile d’accès et soumis à l’érosion marine.

Pour Véronique Bernardini, maire d’Hyères et vice-présidente de la métropole, le sentier du littoral représente bien davantage qu’un simple chemin de promenade, car il ouvre la découverte du patrimoine naturel côtier au plus grand nombre. La réouverture du passage du Niel redonne en effet accès à l’un des plus beaux panoramas de la presqu’île de Giens, entre mer et falaises, sur un itinéraire emprunté aussi bien par les habitants que par les visiteurs de la destination hyéroise.

Cette portion retrouvée s’inscrit dans un ensemble bien plus vaste. La métropole gère 52 kilomètres de sentiers littoraux accessibles au public, qui courent de Six-Fours-les-Plages jusqu’à la presqu’île de Giens. Leur entretien et leur surveillance mobilisent plus d’un million d’euros chaque année, un effort constant rendu nécessaire par les intempéries, l’érosion et la fréquentation. Gilles Vincent, vice-président de la métropole, estime qu’il est du devoir de la collectivité de préserver cet héritage exceptionnel pour les générations à venir.

Au-delà de la prouesse technique, cette réouverture illustre la place singulière du sentier du littoral dans la vie varoise. Hérité des anciens chemins des douaniers, ce ruban côtier constitue l’un des rares espaces où le rivage se découvre librement, à pied, sans autre équipement qu’une bonne paire de chaussures. En rendant aux Hyérois un passage disparu des cartes depuis vingt-cinq ans, la métropole recoud un maillon manquant de ce patrimoine commun, au moment même où la saison estivale bat son plein sur la presqu’île de Giens.