Dans la nuit de samedi à dimanche, la police a interpellé un adolescent de 15 ans à Nice, après la mort d’un homme de 33 ans dans un immeuble de l’avenue des Bosquets, près de la promenade des Anglais. Très vite, l’affaire a pris une tournure particulièrement lourde. D’un côté, le mineur raconte avoir voulu se défendre. De l’autre, les enquêteurs avancent avec prudence et gardent leurs distances avec cette version.
D’abord, les premiers appels de riverains ont alerté les forces de l’ordre. Des cris, puis du sang dans les parties communes, ont signalé une scène violente. Ensuite, les policiers sont montés au deuxième étage et ont découvert la victime au sol. L’homme avait la gorge gravement touchée. Malgré l’arrivée rapide des secours, il n’a pas survécu. Sur place, les agents ont aussi constaté que le couloir gardait les traces du drame, même si la zone avait déjà été sécurisée.
Parallèlement, la mère du mineur a contacté la police après le retour de son fils au domicile familial. Selon les premiers éléments, l’adolescent rentrait avec du sang sur lui et portait un couteau ensanglanté dans son sac. Les policiers ont alors quitté le secteur de l’immeuble pour intervenir au domicile du jeune. Ils l’ont arrêté rapidement, sans résistance particulière. Dès lors, l’enquête a basculé sur la responsabilité du mineur.
Pendant sa garde à vue, le jeune a reconnu les faits. Ensuite, il a donné sa propre version. Selon lui, il aurait créé un faux compte Snapchat et échangé avec un adulte qui se faisait passer pour un adolescent de 14 ans. Puis, un rendez-vous aurait été fixé au domicile de la victime. Il dit avoir emporté une paire de ciseaux avant de se rendre sur place. Toujours selon son récit, l’adulte l’aurait agressé sexuellement. Il affirme alors avoir saisi un couteau présent dans l’appartement et avoir frappé l’homme à la gorge.
Cependant, le parquet reste extrêmement prudent. Pour l’instant, aucune preuve ne confirme ce scénario. Le procureur rappelle aussi que la victime ne figurait pas dans les fichiers de police ou de justice. Ainsi, les enquêteurs ne disposent pas encore d’élément clair sur un mobile précis. Les messages échangés sur les réseaux sociaux ont disparu, ce qui complique le travail des policiers. De plus, les premières constatations de voisinage n’apportent pas encore de réponse décisive.
Le cadre judiciaire retenu évoque un homicide volontaire. En effet, cette qualification laisse penser à une possible préméditation. Toutefois, elle pourra évoluer au fil des vérifications. L’autopsie, attendue dans les prochains jours, devra préciser les circonstances exactes de la mort. En attendant, le service local de police judiciaire poursuit ses investigations et recoupe chaque détail.
Le profil du mineur attire aussi l’attention. Selon le parquet, il avait déjà été signalé pour des faits de violences liés à des troubles du comportement. Ensuite, un expert psychiatre a estimé que son état permettait une garde à vue et un défèrement. Le parquet a alors demandé son placement en détention provisoire, et le juge a suivi cette demande. S’il est jugé coupable, le garçon pourra comparaître devant la cour d’assises des mineurs. Malgré son âge, il encourt alors la réclusion criminelle à perpétuité.
Dans l’immédiat, l’affaire reste entourée de zones d’ombre. D’un côté, le mineur maintient qu’il a réagi à une agression. De l’autre, les enquêteurs n’ont trouvé aucun élément matériel qui valide cette explication. Enfin, la justice devra dire si ce drame relève d’un geste de défense, d’un guet-apens ou d’un passage à l’acte prémédité. Pour l’heure, Nice découvre une affaire aussi violente que confuse.

