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MaPrimeRénov’ : le dispositif prêt à redémarrer

Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 8 février 2026 à 10h24 – Temps de lecture : 5 minutes

Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, a précisé lors de sa visite à l’espace conseil France Rénov’ de Carrières-sous-Poissy, dans les Yvelines, les conditions concrètes de la réouverture du dispositif MaPrimeRénov’. Cette remise en service interviendra en même temps que la promulgation de la loi de finances pour 2026, permettant à nouveau l’accès à tous les parcours de rénovation ainsi qu’à l’ensemble des ménages éligibles, qu’ils envisagent des travaux ponctuels ou des rénovations globales. La sécurisation du budget rend possible le traitement des dossiers suspendus depuis fin 2025, mais aussi l’accueil de nouvelles demandes, relançant ainsi un levier central pour améliorer la performance énergétique du parc immobilier français.

Dotée d’une enveloppe de 3,6 milliards d’euros pour l’année, cette aide majeure vise à soutenir au moins 120 000 rénovations complètes et 150 000 travaux ciblés, confirmant la mobilisation de l’État contre les passoires thermiques et la précarité énergétique. Les règles d’éligibilité et les montants attribués restent inchangés, assurant une continuité pour les propriétaires occupants et les bailleurs souhaitant engager des travaux d’isolation, de chauffage ou de ventilation. Cette stabilité apporte de la visibilité aux ménages comme aux professionnels du secteur, évitant les blocages observés en début d’année.

Pour les projets de rénovation globale, un échange préalable avec un conseiller France Rénov’ devient désormais obligatoire avant le dépôt du dossier, garantissant un accompagnement personnalisé et une meilleure qualité d’exécution. Ce service public, instauré par la loi Climat et Résilience de 2021, propose des conseils neutres et gratuits afin d’adapter les logements aux enjeux énergétiques ou à la perte d’autonomie, en lien avec les collectivités locales. Les particuliers peuvent facilement identifier le point conseil le plus proche via la plateforme dédiée, facilitant ainsi leurs démarches.

L’Agence nationale de l’habitat, rattachée au ministère de l’Aménagement du territoire, coordonne l’ensemble de ces actions pour moderniser le parc privé et garantir des conditions de vie plus durables, confortables et accessibles. Les dossiers en attente, retardés par les incertitudes budgétaires, devraient être rapidement traités, permettant aux artisans d’intervenir sur un grand nombre de chantiers. Les travaux isolés, comme le changement d’une chaudière ou l’isolation des combles, constituent une première étape simple pour améliorer rapidement le confort et réduire les dépenses énergétiques, tandis que les rénovations globales visent des gains d’au moins deux classes énergétiques.

Vincent Jeanbrun souligne la solidité retrouvée du budget 2026, qu’il présente comme un signal fort pour la politique du logement, avec une réouverture qui traduit la volonté de tenir les engagements et de garantir la fiabilité des aides. Cette dynamique s’inscrit dans un objectif plus large de rénovation massive, alors que près de 4 millions de logements classés F ou G nécessitent des travaux urgents pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Les ménages les plus modestes, notamment dans les catégories bleues et jaunes, peuvent bénéficier de prises en charge allant jusqu’à 80 % des coûts, pour des travaux éligibles pouvant atteindre 70 000 euros hors taxes.

Avec ses 500 guichets répartis sur le territoire, France Rénov’ joue un rôle essentiel en facilitant l’accès à l’information technique et financière, en sécurisant les démarches et en optimisant le cumul des aides disponibles. Les propriétaires, souvent découragés par la complexité administrative, bénéficient ainsi d’un accompagnement individualisé intégrant diagnostics et simulations de gains énergétiques. En Île-de-France, où le parc ancien est particulièrement présent, les plafonds de ressources tiennent compte des spécificités urbaines, tandis qu’en régions, les aides soutiennent les maisons individuelles, souvent plus énergivores.

Le programme vise environ 7 millions de résidences principales dégradées, avec à la clé une réduction moyenne de 1 500 euros par an sur les factures énergétiques des foyers rénovés et une baisse significative des émissions de CO2, estimée à 10 millions de tonnes par an. Les rénovations globales cibleront en priorité les logements les plus énergivores, avec des bonus pour les sorties de classe G ou l’atteinte de la classe D, tandis que les travaux isolés favoriseront l’accès à des équipements performants comme les pompes à chaleur ou les menuiseries modernes. L’Anah, déjà en charge de centaines de milliers de dossiers chaque année, soutient également un secteur représentant près de 100 000 emplois directs.

Cette reprise intervient après une suspension temporaire fin 2025 liée à des arbitrages budgétaires. L’adoption de la loi de finances permet désormais de sécuriser une enveloppe record de 3,6 milliards d’euros, soit une hausse d’environ 20 % par rapport à l’année précédente. Les conditions d’accès restent globalement identiques, avec des plafonds de ressources ajustés selon les territoires et la composition des foyers. Les bailleurs, soumis à une obligation de location sur six ans, bénéficient également d’incitations pour proposer des logements plus performants, contribuant à stabiliser les marchés locatifs.

Enfin, les collectivités locales participent activement au financement de France Rénov’, avec des conseillers présents dans la grande majorité des départements, y compris en zones rurales. Les artisans certifiés RGE, environ 50 000 en France, se préparent à une reprise soutenue de l’activité, portée par des carnets de commandes déjà bien remplis et un volume d’investissements estimé à 15 milliards d’euros. Les outils de simulation en ligne permettent aux particuliers de préparer leurs projets et d’optimiser les aides disponibles, facilitant ainsi le passage à l’action.