Le tribunal correctionnel de Nice a rendu sa décision dans une affaire qui a profondément marqué les Alpes-Maritimes. Lundi 18 mai 2026, la justice a condamné un jeune conducteur à sept ans de prison, dont six ans ferme, après la mort de Jérémie Boulon. Ce sapeur-pompier volontaire de 41 ans circulait sur la Promenade des Anglais dans la nuit du 24 au 25 juin 2024 lorsqu’une voiture l’a violemment percuté.
Le drame s’est produit peu après minuit, dans l’un des secteurs les plus connus de Nice. Le conducteur roulait au volant d’une Mercedes avec trois passagers à bord. Avant de reprendre la route, il avait consommé du protoxyde d’azote, aussi appelé gaz hilarant. Ce produit, souvent détourné pour ses effets euphorisants, peut provoquer une perte de contrôle, des troubles de la perception et une forte baisse des réflexes.
Selon les éléments évoqués pendant l’audience, la voiture roulait à au moins 108 km/h. Le conducteur a ensuite franchi deux feux rouges. Quelques secondes plus tard, il a heurté le scooter de Jérémie Boulon, qui venait de s’engager sur la Promenade des Anglais. Le choc a été d’une violence extrême. Il a projeté le pompier à plus de 60 mètres. Les secours ont tenté de le réanimer, mais ils n’ont pas réussi à le sauver.
Dans la salle d’audience, l’émotion a dominé les débats. Les proches de la victime, ses collègues pompiers et de nombreux soutiens avaient fait le déplacement. Beaucoup portaient un t-shirt blanc réclamant justice pour Jérémie Boulon. Sa famille a raconté le vide immense laissé par sa disparition. Sa mère, sa compagne et ses filles ont pris la parole pour dire leur douleur, leur colère et les conséquences durables de cette nuit sur leur vie.
Le prévenu, aujourd’hui âgé de 21 ans selon les éléments communiqués, a reconnu sa responsabilité. Il a expliqué ne plus se souvenir de la scène après avoir ressenti les effets du protoxyde d’azote. Il a aussi présenté ses excuses à plusieurs reprises. Cependant, ses mots n’ont pas apaisé la douleur des proches de la victime. Pour eux, ce drame ne ressemble pas à un simple accident. Il découle d’un comportement dangereux au volant.
L’affaire rappelle aussi les risques liés au protoxyde d’azote. Depuis plusieurs années, les autorités alertent sur l’usage détourné de ce gaz, notamment chez les jeunes. Sa consommation avant ou pendant la conduite peut provoquer des conséquences dramatiques. Dans ce dossier, elle s’ajoute à une vitesse excessive et au non-respect de deux feux rouges.
Le parcours du conducteur après les faits a également pesé dans le procès. La justice l’avait d’abord placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de conduire et de sortir la nuit. Pourtant, les forces de l’ordre l’ont de nouveau contrôlé au volant en septembre 2025. Ce soir-là, les tests ont révélé la présence de cannabis et de cocaïne. Après cette violation, la justice l’a placé en détention provisoire.
Le parquet avait requis huit ans de prison ferme. Le tribunal a finalement prononcé sept ans d’emprisonnement, avec une année de sursis probatoire. Il a aussi annulé le permis de conduire du jeune homme. Celui-ci ne pourra pas le repasser avant dix ans.
Pour la famille de Jérémie Boulon, cette condamnation ne répare rien. Elle marque seulement une étape judiciaire. Le pompier laisse derrière lui des proches brisés, des collègues endeuillés et deux filles privées de leur père. À Nice, son nom reste désormais associé à un drame qui rappelle une évidence : prendre le volant sous l’effet d’un produit dangereux peut détruire des vies en quelques secondes.

