Orly : ville en fête

Par Gilbert Caron
Publié le 29 mai 2026 à 18h12 – Temps de lecture : 3 minutes

Les 6 et 7 juin 2026, la nouvelle édition d’Orly en Fête s’apprête à bousculer les perspectives urbaines pour offrir une célébration dédiée aux arts de la rue. Ce rendez-vous, totalement libre d’accès, efface les frontières entre la scène et les spectateurs. Musiciens, acrobates, comédiens et plasticiens s’approprient les places publiques et les jardins pour y orchestrer un ballet d’émotions brutes, de rires partagés et de prouesses physiques.
Cette déferlante créative est une invitation ouverte à la curiosité, un prétexte idéal pour réunir toutes les générations autour du spectacle vivant. L’événement tisse sa toile à travers plusieurs espaces thématiques conçus pour rythmer la déambulation. Pendant que la Guinguette Méliès fusionne notes de musique et plaisirs culinaires dans une ambiance festive, l’Espace Familles s’affirme comme le refuge des tribus en quête de partage, le tout convergeant vers un final grandiose pensé pour marquer les esprits.
Le samedi et le dimanche voient les univers s’entrecroiser dès le début de l’après-midi pour bousculer la géométrie des rues. À 14h, la Compagnie Courir les rues donne le signal de départ avec « Voyage au bout du lit », une déambulation musicale onirique où trois musiciens-chanteurs poussent un véritable lit à baldaquin dont les voilages flottent comme un mirage échappé d’un songe. Un peu plus tard, à 14 h 30, la Compagnie Les Lulus propose une rupture ironique avec « La vie est plus belle sans lunettes », une fable visuelle où le protagoniste ose retirer ses verres correcteurs dans un monde ultra-normé.
L’après-midi se prolonge à 14 h 45 avec une note de gourmandise théâtrale signée La Dieselle Compagnie dans « Les belles robes », une fantaisie où les amours passionnées se dégustent au même titre que les vins, les fromages et les desserts du terroir. Au même instant, et de nouveau à 17 h 30, la Compagnie Arscenic propose une expérience acoustique immersive baptisée « VocaLire… Au creux de l’oreille ». Équipé d’un casque audio, le public s’isole du tumulte extérieur pour savourer la voix d’un comédien dont les lectures littéraires sont sculptées en direct par les notes d’un musicien. À 15 h 30, le ton change pour devenir une enquête policière loufoque avec « Qui a tué le Grand méchant loup ? ». Ce collectif interdisciplinaire nous plonge dans les coulisses de l’usine des Contes populaires où les ouvriers découvrent un matin le corps inanimé de leur redoutable patron. Enfin, pour clore ce panorama, la Compagnie T’as pas dit balle présente « Pop » à 16 h 30, un duo de jonglerie burlesque et tendre qui explore la physique des objets et la tension psychologique qui précède l’explosion.
Le festival sait aussi jouer avec les nuances du jour et de la nuit en réservant des moments exclusifs. Le samedi soir, à 22 h 30, le ciel s’embrase avec « Osmose symphonie d’artifices » par la Compagnie Manda lights. Cette fresque nocturne combine la grâce des corps en mouvement et la fureur de la flamme sous toutes ses formes, offrant une chorégraphie incandescente d’une rare intensité. Le dimanche, le point final est apporté à 180 par la Compagnie Sitting Duck qui présente « La Dyane », un spectacle de clôture absurde et burlesque où les situations les plus folles viennent sceller ce grand week-end de liberté artistique.