1. Home
  2. Nos départements
  3. ALPES-MARITIMES (06)
  4. Nice : deux CRS condamnés après l’agression filmée d’un jeune homme à l’Ariane

Nice : deux CRS condamnés après l’agression filmée d’un jeune homme à l’Ariane

Par Ethan Hunt
Publié le 2 juin 2026 à 11h45 – Temps de lecture : 4 minutes

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné deux CRS ce lundi 1er juin 2026 après l’agression violente d’un jeune homme dans le quartier de l’Ariane. Les deux policiers, âgés de 26 et 27 ans, n’étaient pas en service au moment des faits. Pourtant, leur statut a largement pesé dans les débats, surtout après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.

L’affaire remonte au 18 avril 2026. Ce matin-là, vers 5h20, les deux CRS rentraient à leur cantonnement provisoire après une soirée alcoolisée dans le centre de Nice. Ils circulaient en civil dans le quartier de l’Ariane lorsqu’ils ont croisé Sabri, 23 ans. Le jeune homme se trouvait près de son fourgon et parlait fort au téléphone. Selon lui, il se disputait avec une jeune femme et n’avait pas reconnu les deux hommes comme policiers.

De leur côté, les deux prévenus affirment avoir entendu des insultes et des menaces. Ils disent notamment avoir été pris à partie verbalement. Cependant, la suite des événements a rapidement dépassé une simple altercation. Les images de vidéosurveillance et la vidéo filmée par un voisin ont joué un rôle central pendant l’audience.

Sur ces images, les magistrats ont observé une scène particulièrement violente. L’un des CRS s’approche du jeune homme, puis les coups commencent. Sabri se retrouve au sol. Ensuite, les violences continuent. Le jeune homme reçoit des coups de poing et des coups de pied. À un moment, l’un des policiers le traîne également par les cheveux. Pendant ce temps, l’autre CRS intervient aussi dans la scène.

La vidéo a choqué une partie de l’opinion publique. Elle montre notamment Sabri demander de l’aide et appeler les voisins à contacter la police. Une phrase entendue sur l’enregistrement a marqué le dossier : “La police, c’est nous”. Pour l’accusation, ces mots illustrent un sentiment de toute-puissance et une grave dérive.

Lors de l’audience, la procureure a tenu des propos très fermes. Ancienne commissaire de police, elle a reproché aux deux hommes d’avoir trahi l’institution qu’ils représentaient. Selon elle, les prévenus ont utilisé leur qualité de policiers comme une forme de protection. Elle avait demandé des peines avec sursis, mais aussi une interdiction définitive d’exercer dans la police.

Le tribunal a finalement prononcé des peines moins lourdes sur ce dernier point. Julian, présenté comme le principal auteur des coups, a reçu 18 mois de prison avec sursis. Il ne pourra plus travailler dans la police pendant cinq ans. Adrien a, lui, reçu huit mois de prison avec sursis et deux ans d’interdiction d’exercer. Tous deux se voient aussi interdire le port d’arme pendant cette période.

Par ailleurs, le tribunal les a condamnés à indemniser la victime. Sabri doit recevoir plus de 14 000 euros au total, entre préjudice moral, préjudice matériel et frais de justice. L’un des deux CRS a aussi été condamné pour vol avec violences. En effet, le jeune homme avait perdu 100 euros et son téléphone lors de l’agression. Les enquêteurs ont retrouvé l’argent dans la chambre d’un des policiers.

Les deux prévenus ont reconnu qu’ils auraient dû agir autrement. Julian a expliqué être entré dans la provocation. Adrien a, de son côté, regretté de ne pas s’être interposé. Malgré ces paroles, Sabri et son avocat ont rejeté l’idée d’une simple bagarre. Pour eux, les images montrent une agression nette et disproportionnée.

La défense envisage désormais de faire appel, notamment contre les interdictions professionnelles. Elle insiste sur le fait que les deux hommes n’étaient pas en service au moment des faits. Toutefois, le tribunal a rappelé que leur comportement restait incompatible avec les exigences liées à leur fonction.

Cette affaire laisse une trace lourde à Nice. Elle interroge sur la conduite de policiers hors service, sur l’usage de la force et sur la confiance entre la population et les institutions. Dans le quartier de l’Ariane, la vidéo a renforcé un sentiment de choc. Finalement, la justice a voulu envoyer un message clair : porter l’uniforme ne donne aucun droit à la violence.