Un an après la Conférence des Nations unies sur l’océan organisée à Nice, la France veut accélérer la protection du monde marin. Ce lundi 8 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale des océans, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures fortes. Parmi elles figurent la création de nouvelles zones de protection marine et un plan national contre les déchets plastiques en mer.
Ces annonces interviennent dans un contexte préoccupant. En effet, les scientifiques alertent toujours sur la dégradation rapide des océans. Réchauffement climatique, pollution plastique, disparition d’espèces et blanchissement des coraux continuent de fragiliser les écosystèmes marins. Ainsi, les décisions politiques se multiplient, mais leurs effets restent encore insuffisants face à l’ampleur du problème.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a présenté trois nouvelles zones de protection forte. Elles se situent en baie d’Audierne, dans le Finistère, en Guadeloupe, ainsi que dans les Terres australes et antarctiques françaises. Grâce à ces nouvelles mesures, la France place désormais 14,68 % de ses eaux maritimes sous protection forte.
Ce label impose des règles strictes. Concrètement, il limite fortement ou interdit certaines activités humaines, comme la pêche, l’extraction ou encore certaines formes de tourisme. L’objectif consiste à laisser les milieux marins se régénérer et à réduire la pression exercée sur les espèces et les habitats fragiles.
Par ailleurs, la France se rapproche de son objectif fixé lors de la conférence de Nice en 2025. Le gouvernement vise 14,8 % d’eaux maritimes en protection forte d’ici la fin de l’année. Cette progression reste symbolique, mais elle montre une volonté d’agir dans la continuité des engagements pris sur la Côte d’Azur.
Le sujet dépasse largement les frontières françaises. Lors de l’UNOC de Nice, plusieurs pays avaient accéléré la ratification du traité sur la haute mer, aussi appelé traité BBNJ. Ce texte vise à mieux protéger les eaux internationales, qui représentent une immense partie de la planète. Aujourd’hui, plus de 90 pays soutiennent ce traité. La France espère dépasser les 120 pays autour de la table lors de la première COP de l’océan, prévue en janvier 2027 à New York.
Toutefois, les avancées diplomatiques ne suffisent pas à rassurer les scientifiques. Le baromètre international Starfish, réalisé par 29 chercheurs de 14 pays, dresse un constat inquiétant. Selon ses conclusions, la santé de l’océan continue de se détériorer. De plus, certaines pressions s’intensifient malgré l’augmentation des aires marines protégées.
Les chiffres donnent la mesure du défi. Plus de 1 600 espèces marines sont aujourd’hui menacées de disparition. Les récifs coralliens subissent aussi une pression majeure. Une très grande partie d’entre eux a connu un stress thermique sévère, ce qui favorise leur blanchissement. En parallèle, le rythme de montée du niveau de la mer a doublé sur la période récente par rapport aux décennies précédentes.
Face à cette situation, le gouvernement français lance aussi un plan d’action contre les déchets plastiques en mer pour la période 2026-2030. Ce plan doit coordonner les efforts de l’État, depuis l’intérieur des terres jusqu’aux littoraux. En effet, une grande partie des plastiques retrouvés en mer vient des fleuves, des villes et des activités terrestres.
Chaque année, près de 12 millions de tonnes de plastique rejoignent les océans. Cette pollution menace les poissons, les oiseaux marins, les tortues et toute la chaîne alimentaire. Elle dégrade aussi les plages et fragilise l’activité touristique dans les territoires littoraux. Ainsi, la lutte contre le plastique devient un enjeu écologique, sanitaire et économique.
Le plan français veut agir en amont. Il prévoit notamment de réduire les déchets avant qu’ils n’atteignent la mer. Il encourage aussi le développement de matériaux plus facilement recyclables, ainsi que des alternatives biosourcées. Cependant, ces solutions devront produire des résultats concrets pour répondre à l’urgence.
Un an après le sommet de Nice, le bilan reste donc contrasté. D’un côté, les États avancent sur la protection des océans et la France renforce ses engagements. De l’autre, les scientifiques rappellent que la dégradation continue. Finalement, la question n’est plus seulement de promettre, mais d’agir assez vite pour éviter un point de rupture.

