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Sécheresse dans les Alpes-Maritimes : le préfet impose des restrictions d’eau à 30 communes

Par Moira O'Deorain
Publié le 10 juillet 2026 à 11h31 – Temps de lecture : 3 minutes

La situation devient préoccupante. Face à une ressource en eau qui se dégrade, le préfet des Alpes-Maritimes a pris un nouvel arrêté ce vendredi 10 juillet 2026. Concrètement, Laurent Hottiaux instaure des restrictions dans plusieurs secteurs du département. Au total, une trentaine de communes se retrouvent désormais concernées.

Les chiffres, d’abord, expliquent cette décision. Depuis septembre 2025, le département accuse un déficit de pluie de près de 15,5 %. Dans certains secteurs, ce manque atteint même les 20 %. Le printemps n’a rien arrangé, avec un mois d’avril parmi les plus chauds depuis 1947. Quant au mois de juin, il a lui aussi enregistré une anomalie de température de près de 3 °C.

Les conséquences se lisent déjà dans les sols. Fin mai, 81 % des nappes phréatiques surveillées affichaient des niveaux inférieurs à la normale. Par ailleurs, plusieurs fleuves côtiers voient leurs débits chuter rapidement. La Cagne, la Brague, les Paillons ou la Siagne illustrent bien cette baisse continue.

Face à cette tension, cinq communes basculent au niveau le plus strict. Dès le 11 juillet, La Gaude, Saint-Jeannet, Saint-Paul-de-Vence et Vence passent en « alerte renforcée ». Cagnes-sur-Mer les rejoint, mais uniquement pour les usages non raccordés au réseau d’eau potable. Toutes appartiennent au bassin versant de la Cagne.

Dans ces communes, les règles se durcissent nettement. Ainsi, l’arrosage des espaces verts devient totalement interdit, de jour comme de nuit. Les golfs, eux, doivent réduire leur arrosage de 60 %, et seulement la nuit. Enfin, les douches de plage ferment et le lavage des voitures à domicile n’est plus autorisé.

Un cran en dessous, vingt-cinq autres communes passent en simple « alerte ». Celles-ci se répartissent sur trois zones bien distinctes du département. La Siagne aval en regroupe dix, dont Cannes, Le Cannet, Mougins et Mandelieu-la-Napoule. Antibes et Biot forment, pour leur part, la zone de la Brague.

Enfin, une troisième zone couvre le bassin des Paillons. Elle rassemble treize communes, parmi lesquelles Contes, Drap, L’Escarène ou encore Peille. Là, l’arrosage des jardins, espaces verts et golfs reste interdit entre 8 heures et 20 heures. De plus, remplir sa piscine ou laver sa voiture à domicile devient impossible.

Toutes les autres communes, enfin, demeurent au stade de « vigilance ». Aucune contrainte stricte ne s’y applique pour l’instant. Toutefois, le préfet invite les habitants à la sobriété afin d’éviter une aggravation. Cette recommandation vise notamment les bassins du Var, du Loup, de l’Estéron, de l’Artuby et de la Roya.

Ces mesures ne relèvent pas du simple conseil. En effet, tout manquement expose à une contravention de cinquième classe. Surtout, le préfet n’exclut pas de renforcer encore le dispositif dans les prochaines semaines. Or, les prévisions annoncent un été plus chaud que la normale, laissant peu de place à l’optimisme.