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Deux immeubles évacués en urgence à Nice après l’apparition de fissures : un chantier voisin soupçonné, 15 habitants relogés à l’hôtel

Par Moira O'Deorain
Publié le 11 août 2026 à 14h46 – Temps de lecture : 4 minutes

Quinze personnes ont dû quitter leur logement dans la précipitation lundi soir 10 août 2026 à Nice. Deux immeubles situés rue Dabray, à l’angle avec la rue Trachel dans le quartier Saint-Étienne, présentent des fissures suffisamment graves pour justifier une évacuation préventive. Les autorités ont immédiatement arrêté le chantier de construction voisin. Les habitants attendent désormais les conclusions d’une expertise technique.

Tout a débuté lundi aux alentours de 19h30. Un habitant de l’un des deux immeubles a constaté que son bâtiment se fissurait de manière inquiétante. Il a aussitôt alerté un ouvrier travaillant sur le chantier adjacent. Ce dernier a alors prévenu les pompiers sans délai. À leur arrivée, les secours ont observé des désordres importants sur les façades des deux bâtiments. Douze appartements au total se trouvaient dans la zone à risque.

L’évacuation s’est ensuite déroulée progressivement et dans le calme. Stéphane Montagnon, président de l’association Quartier Saint-Étienne et voisin direct du chantier, décrit une opération remarquablement organisée. Pompiers, services du gaz, équipes de secours et agents de la Métropole ont convergé vers la rue Dabray. Les équipes ont installé une cellule d’accueil avec un barnum pour recenser les résidents. Un ingénieur spécialisé en structures a vérifié chaque appartement un par un. Des minibus ont ensuite transporté les habitants vers un lieu d’accueil temporaire. Le dernier véhicule a quitté les lieux vers 22h30.

Les quinze personnes évacuées ont d’abord rejoint le centre AnimaNice Notre-Dame. Ensuite, les services municipaux et le centre communal d’action sociale les ont orientées vers des solutions d’hébergement. Treize habitants dorment désormais à l’hôtel aux frais de la Ville. Deux autres ont trouvé une solution par leurs propres moyens. Le maire Éric Ciotti s’est rendu sur place dès mardi matin, accompagné de son adjoint Auguste Verola et d’ingénieurs municipaux.

Le chantier voisin concentre toutes les interrogations. Le bailleur Logirem y construit un immeuble de 24 logements locatifs sociaux sur quatre étages. La mairie a délivré le permis de construire en octobre 2023. Ces derniers jours, une immense foreuse de 35 mètres de haut perçait les fondations du futur bâtiment. Il n’existerait d’ailleurs que deux engins de cette taille en France. Plusieurs habitants avaient ressenti des vibrations au moment des forages. De plus, un incident technique se serait produit sur le chantier : du béton se serait échappé pendant les opérations.

Éric Ciotti reconnaît une forte probabilité de lien entre le chantier et les fissures. Toutefois, il se montre prudent dans ses conclusions. Seul un bureau d’études technique pourra établir formellement cette responsabilité. Le maire refuse donc de se prononcer définitivement avant les résultats de l’expertise.

Un bureau d’études doit justement examiner en détail l’état des deux immeubles. Sa mission consiste à déterminer la nature exacte des désordres, leur gravité et surtout leur origine. Selon les premières estimations, ce diagnostic pourrait prendre une quinzaine de jours. Les habitants ne pourront par conséquent pas regagner leurs logements avant les conclusions de cette expertise et les éventuels travaux de sécurisation.

Le maire laisse néanmoins entrevoir une différence entre les deux bâtiments. Les occupants de l’un d’eux pourraient retrouver leur domicile plus rapidement. Cependant, aucune décision ne tombera avant l’avis formel des ingénieurs.

Ce type d’incident n’est malheureusement pas isolé dans la région. À Nice même, un immeuble situé près de l’avenue Jean-Médecin subit actuellement des tassements liés aux travaux du tramway, avec un affaissement cumulé de 167 millimètres. En juillet dernier, les autorités monégasques ont également évacué un immeuble à Monte-Carlo après la découverte d’une fissure dans un mur porteur.

Ces événements répétés posent la question de la cohabitation entre chantiers de construction et bâtiments anciens. Les travaux de fondation, notamment le forage de pieux, génèrent des vibrations qui peuvent déstabiliser les structures voisines. Dans un centre-ville dense comme celui de Nice, où les immeubles anciens côtoient des chantiers de plus en plus ambitieux, ce risque mérite une attention renforcée.

Pour l’heure, la rue Dabray reste sous surveillance. Un vigile garde les deux immeubles jour et nuit. Les expertises débuteront dans les prochaines heures. Leurs conclusions détermineront le sort des quinze habitants qui espèrent retrouver leur domicile au plus vite.