En ce début de septembre 2026, une campagne de sensibilisation d’un genre nouveau se déploie dans le Var. Pour la première fois, la Communauté de communes Cœur du Var et sept autres intercommunalités varoises unissent leurs forces aux côtés de Citeo et de Pizzorno Environnement pour porter un message commun sur le bon usage du bac jaune. La Communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, Dracénie Provence Verdon Agglomération, la Communauté de communes Méditerranée Portes des Maures, l’Agglomération Provence Verte, les Communautés de communes du Pays de Fayence et Lacs et Gorges du Verdon ainsi que le SMIDDEV se joignent à l’opération, qui couvre ainsi une large partie du département.
Une telle mobilisation collective est inédite à cette échelle. Habituellement, chaque intercommunalité mène ses propres actions de communication sur les déchets, avec ses visuels et ses messages. En mutualisant leurs moyens avec Citeo, l’éco-organisme national chargé de développer le recyclage des emballages ménagers et des papiers, et avec Pizzorno Environnement, l’entreprise varoise historique de la collecte et du traitement des déchets, les huit territoires s’offrent une campagne cohérente et visible partout, avec un mot d’ordre simple qui invite à mieux trier pour mieux recycler.
Sous la signature volontairement décalée Ici, le tri fait la loi, la campagne invite les habitants à traquer les intrus qui se glissent dans le bac jaune. Ce bac est dédié exclusivement aux emballages et aux papiers, mais les agents de collecte y découvrent chaque jour de trop nombreuses erreurs, à commencer par des sacs noirs d’ordures ménagères, des vêtements et des objets en plastique qui n’ont rien à y faire. D’autres dépôts s’avèrent franchement dangereux pour les agents de collecte et le personnel du centre de tri, comme les mégots, les équipements électriques et électroniques, les seringues médicales, les bouteilles en verre, les bonbonnes de gaz ou encore les produits corrosifs. Un seul mauvais geste peut avoir de lourdes conséquences humaines et matérielles.
Ces erreurs de tri ne sont pas anodines pour la collectivité. Au-delà des risques pour la santé et la sécurité du personnel, elles endommagent les équipements, ralentissent considérablement les opérations au centre de tri, empêchent certains déchets de rejoindre les filières adaptées et dégradent les performances de recyclage. Elles coûtent aussi de l’argent public, puisque la mauvaise qualité du tri expose les collectivités à des pénalités financières, une facture qui pèse en fin de compte sur les contribuables du territoire.
La campagne s’attaque en priorité à trois indésirables emblématiques. Le premier est le sac noir d’ordures ménagères, qui n’a qu’une seule destination, la poubelle au capot vert ou gris, et qui part directement à l’enfouissement sans aucun recyclage. Le deuxième est le vêtement, à l’image du t-shirt usagé, qui trouve sa place à la Ressourcerie Cœur du Var installée à côté de la déchèterie de Pignans, ou dans les points de collecte Re_Fashion et Le Relais, où textiles et chaussures se déposent propres et secs dans un sac fermé de trente litres maximum. Les articles en bon état sont revendus en boutique de seconde main, en France ou à l’export, tandis que les plus abîmés sont transformés en fil ou en matériaux destinés au bâtiment, à la plasturgie ou à l’automobile.
Le troisième intrus visé est le jouet en plastique, trop souvent confondu avec un emballage. Seuls les bouteilles, flacons, bidons et pots en plastique relèvent du bac jaune. Les objets en plastique comme les arrosoirs, les pots de fleurs, les tuyaux d’arrosage, les chaises ou les aspirateurs doivent quant à eux être déposés en déchèterie pour rejoindre les filières de traitement adaptées. En cas de doute sur un déchet, chacun peut interroger le Guide du tri, l’application mobile de Citeo qui indique la bonne destination de chaque emballage au quotidien.
En choisissant l’humour et la pédagogie plutôt que la réprimande, les huit intercommunalités misent sur l’adhésion des habitants. Derrière le clin d’œil du slogan, l’enjeu est très concret pour le territoire, puisque chaque bac jaune correctement rempli protège les agents, améliore les performances de recyclage du département et allège la facture des déchets pour l’ensemble des foyers varois.

