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Musée d’Art moderne : Kerry James Marshall

Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 7 septembre 2026 à 10h43 – Temps de lecture : 4 minutes

Le Musée d’Art moderne de Paris consacre sa rentrée à l’un des peintres les plus influents de la scène contemporaine. À partir du 18 septembre, l’institution municipale, installée avenue du Président-Wilson dans le 16e arrondissement, présente la première exposition organisée en France autour de l’Américain Kerry James Marshall. Intitulée « The Histories », la rétrospective se tient jusqu’au 24 janvier 2027 et retrace plus de quarante ans de carrière, dans un parcours pensé avec l’artiste lui-même.
L’accrochage réunit 70 œuvres, dont 8 peintures inédites réalisées spécialement pour l’occasion. Il se déploie en 11 ensembles, à la fois chronologiques et thématiques, qui donnent à voir l’ampleur d’un travail dominé par la peinture, mais aussi nourri de gravures, de dessins et de sculptures. Les pièces proviennent de collections publiques et privées réparties en Amérique du Nord et en Europe, réunies le temps de l’exposition sous un même toit parisien.
Né aux États-Unis, Kerry James Marshall s’est imposé par de grandes compositions qui placent des figures noires au centre du récit, longtemps réservé à d’autres dans l’histoire de l’art occidental. Son œuvre puise aussi bien dans la peinture classique que dans la culture populaire, la bande dessinée, la science-fiction ou l’afrofuturisme, pour hisser des scènes du quotidien à la hauteur de l’épopée.
Les 8 toiles inédites prolongent la série des récits qui donne son titre à l’ensemble : autant de manières, pour l’artiste, de réécrire une histoire de l’art dont les personnages noirs étaient jusque-là largement absents. L’exposition aborde ainsi des pans entiers de l’histoire afro-américaine, de la traite transatlantique aux luttes pour les droits civiques et au mouvement Black Power, jusqu’à la vie d’aujourd’hui.
Le musée précise que ces sujets sont traités sans représentation directe de la violence : l’artiste privilégie la présence, la dignité et la beauté de ses personnages plutôt que le spectacle de la souffrance, dans des tableaux souvent monumentaux et pleins de références. Le projet n’est pas propre à Paris. Conçu par la Royal Academy of Arts de Londres, en collaboration avec le Kunsthaus de Zurich, il a été monté avec le Musée d’Art moderne, qui en assure l’étape française. Chaque ville en propose sa propre version.
Cette coproduction internationale illustre la place prise par le peintre dans les grandes institutions, à un moment où son travail est de plus en plus recherché des deux côtés de l’Atlantique. Le Musée d’Art moderne, dont les collections permanentes demeurent en accès libre, s’est fait une spécialité des grandes rétrospectives ; voisin du Palais de Tokyo, en bord de Seine, il dispose de vastes salles adaptées aux formats souvent imposants de l’artiste.
Côté pratique, l’exposition sera ouverte du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h, avec une nocturne le jeudi jusqu’à 21 h 30. L’entrée coûte 17 €, ou 15 € au tarif réduit, et reste gratuite pour les moins de 18 ans. Le musée conseille d’anticiper l’affluence des premiers week-ends, la rétrospective figurant parmi les temps forts de la saison culturelle. Elle restera visible tout l’hiver.
En ouvrant l’automne avec un artiste de cette envergure, le Musée d’Art moderne confirme son goût pour les grandes signatures internationales. Il offre au public parisien une occasion rare, mesurer sur place l’ampleur d’une œuvre encore peu montrée de ce côté de l’Atlantique.