La commune de Paray-Vieille-Poste est au cœur d’une consultation publique lancée cet été. Depuis le 24 août et jusqu’au 25 novembre 2026, chacun peut donner son avis sur un projet de centre de données, ou data center, porté par la société SNC Paray DC. La démarche, organisée par la préfecture de l’Essonne selon la procédure de consultation du public par voie électronique prévue par le code de l’environnement, porte à la fois sur une demande d’autorisation environnementale et sur un permis de construire. Une première réunion publique est programmée le lundi 7 septembre, à 20 heures, en mairie
Le projet doit s’implanter avenue du Maréchal Devaux, sur un terrain d’environ 29 650 mètres carrés qui accueillait autrefois le siège d’Air Inter. Il suppose la démolition partielle des installations existantes, la dépollution du site, puis la construction d’un bâtiment sécurisé destiné à héberger des serveurs et des équipements de stockage informatique. Un data center est une infrastructure où sont concentrées les machines qui font tourner les services numériques du quotidien, du courrier électronique aux plateformes de vidéo, en passant par le cloud et, de plus en plus, l’intelligence artificielle. La multiplication de ces sites en Île-de-France, portée par l’explosion des usages, s’accompagne de débats récurrents sur leur consommation d’électricité et d’eau. À elle seule, la région parisienne concentre déjà une grande partie des centres de données du pays, et de nouveaux sites y sont mis à l’étude chaque année.
Sur ces deux points, le porteur du projet met en avant plusieurs engagements présentés dans le dossier. Le refroidissement des serveurs reposerait sur un système à air, dit dry cooling, censé limiter fortement le recours à l’eau, et la chaleur dégagée par l’installation, de l’ordre d’une dizaine de mégawatts selon le dossier, pourrait être récupérée pour alimenter des équipements voisins. Le projet prévoit également environ 4 500 mètres carrés d’espaces verts, soit près de 17 % de la surface, ainsi qu’une augmentation des sols perméables. La mise en service est envisagée à l’horizon 2031. De son côté, la municipalité souligne l’éloignement du site par rapport aux quartiers d’habitation et indique que le conseil municipal rendra un avis sur le projet.
La consultation vise précisément à recueillir les observations et les propositions du public avant que l’État ne se prononce. Le dossier complet, qui comprend notamment l’étude d’impact et l’avis de l’autorité environnementale, est consultable en ligne sur le site dédié, consultation-dc-paray.fr, ainsi qu’en mairie. Les habitants peuvent déposer leurs remarques au moyen d’un registre électronique, par courriel à l’adresse prévue à cet effet ou par courrier adressé à la préfecture, jusqu’au 25 novembre à minuit. Toutes les contributions sont enregistrées, puis synthétisées à la clôture de la procédure, avant d’être versées au dossier soumis aux services de l’État.
Pour permettre à chacun de s’informer, plusieurs rendez-vous jalonnent ces trois mois. Au-delà de la réunion publique d’ouverture du 7 septembre, des réunions d’information sont annoncées les 22 septembre et 14 octobre à la salle Colbert, et une seconde réunion publique se tiendra le 19 novembre, également à 20 heures en mairie. Ces rencontres doivent permettre au porteur du projet de présenter ses études et de répondre aux questions des riverains, sur le bruit, les rejets ou le trafic engendré par le chantier puis par l’exploitation du site.
L’enjeu dépasse le seul territoire de Paray-Vieille-Poste. Située à proximité immédiate de l’aéroport d’Orly, la commune s’inscrit dans un secteur où se concentrent déjà de nombreuses activités logistiques et aéroportuaires, et où les projets de data centers se multiplient. Ces infrastructures sont devenues stratégiques pour l’économie numérique, mais elles cristallisent aussi les interrogations sur la sobriété énergétique, la préservation de la ressource en eau et l’artificialisation des sols. La consultation en cours offre aux riverains, aux associations et aux collectivités voisines l’occasion de peser sur les conditions d’implantation du site et sur les garanties environnementales qui l’accompagneront. Les services de l’État restent, au terme de la procédure, seuls compétents pour autoriser ou refuser le projet. Le permis de construire sera, lui, instruit en parallèle, la commune étant appelée à se prononcer sur l’insertion urbaine et paysagère du futur bâtiment.
Un data center à Paray-Vieille-Poste soumis à consultation
Par Assia Bedja
Publié le 2 septembre 2026 à 09h18 – Temps de lecture : 4 minutes
