Ce mardi 20 octobre 2026, le département du Var traverse une journée sous haute surveillance météorologique. Depuis 6 heures du matin, Météo-France l’a placé en vigilance orange aux orages et au risque de pluie-inondation, un niveau d’alerte qui signale des phénomènes dangereux susceptibles d’affecter l’ensemble du territoire. La préfecture du Var a immédiatement relayé l’information et appelle les habitants à la plus grande prudence tout au long de la journée.
Le scénario annoncé par les prévisionnistes est celui d’une dégradation orageuse circulant d’ouest en est, qui arrose généreusement tout le département au fil des heures. Les cumuls attendus sont considérables, de 70 à 100 millimètres de pluie en moyenne, et localement de 120 à 160 millimètres, soit l’équivalent de plusieurs semaines de précipitations concentrées pour l’essentiel en quelques heures seulement. C’est précisément cette intensité qui fait la dangerosité de l’épisode, car les sols ne peuvent absorber de telles quantités d’eau en si peu de temps, ce qui favorise le ruissellement et les montées brutales des cours d’eau.
Sous les cellules orageuses les plus actives, la grêle reste possible, de même que de fortes rafales de vent comprises entre 80 et 100 kilomètres par heure. Les prévisionnistes n’excluent pas des phénomènes tourbillonnaires, notamment sur le littoral varois, où la rencontre entre l’air chaud méditerranéen et la perturbation peut générer des trombes marines ou des tourbillons localisés. La dégradation devrait toutefois s’évacuer progressivement par l’est du département en fin d’après-midi, laissant espérer une accalmie en soirée.
La situation des cours d’eau fait l’objet d’une attention particulière. Le Gapeau, fleuve côtier qui traverse le centre du département avant de se jeter en rade d’Hyères, est placé en vigilance jaune aux crues par le service Vigicrues. Avec ses affluents, et notamment le Réal-Martin, il devrait réagir dès la matinée aux précipitations soutenues. Les riverains de ces cours d’eau sont invités à s’en éloigner et à suivre l’évolution de la situation en temps réel.
Face à ces risques, le préfet du Var appelle chacun à adapter son comportement. Il recommande de limiter ses déplacements durant les épisodes de pluie intense et rappelle une règle vitale, trente centimètres d’eau suffisent à emporter une voiture. Il est donc impératif de ne jamais s’engager sur un passage à gué, un pont submersible, un passage souterrain ou une route inondée, et de respecter les déviations mises en place par les autorités. La descente dans les sous-sols, caves et parkings souterrains est également à proscrire pendant toute la durée de l’épisode.
Des mesures concrètes accompagnent ces recommandations. Par arrêté interdépartemental, la vitesse est abaissée sur les autoroutes entre 10 heures et 16 heures. Les véhicules légers y sont limités à 90 kilomètres par heure, tandis que les poids lourds de plus de 7,5 tonnes doivent rouler à 70 kilomètres par heure maximum, avec interdiction de dépasser. Cette réduction de vitesse vise à prévenir les phénomènes d’aquaplanage et les carambolages que provoquent les fortes pluies sur des chaussées détrempées.
En cas d’orage, les consignes de prudence restent celles qui ont fait leurs preuves. Il convient de s’éloigner des arbres et des cours d’eau, de s’abriter dans un bâtiment en dur, d’éviter d’utiliser son téléphone et les appareils électriques, et de protéger les biens exposés au vent ou susceptibles d’être inondés. Se tenir informé demeure essentiel, et chacun peut suivre l’évolution de la vigilance orange heure par heure sur la carte de vigilance de Météo-France consacrée au département.
Cet épisode s’inscrit dans une configuration bien connue des Varois, celle des pluies méditerranéennes intenses qui frappent régulièrement la région à l’automne, lorsque la mer encore chaude alimente en énergie les perturbations venues de l’Atlantique. Le département, marqué par des inondations meurtrières par le passé, a appris à prendre au sérieux ces épisodes de vigilance orange. La journée de ce mardi rappelle que la vigilance de chacun, autant que les dispositifs publics de prévision et d’alerte, constitue la meilleure protection face à des phénomènes dont l’intensité ne se laisse jamais totalement prévoir.

