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À Nice, Éric Ciotti impose une nouvelle ligne budgétaire et tourne la page Estrosi

Par Ethan Hunt
Publié le 10 mai 2026 à 16h03 – Temps de lecture : 4 minutes

À peine installé à la mairie de Nice et à la tête de la métropole Nice Côte d’Azur, Éric Ciotti veut déjà marquer une rupture nette avec l’ancienne gestion municipale. Dans un entretien accordé au Parisien, le nouveau maire assume une politique d’économies importante et promet une gestion plus stricte des finances publiques.

L’élu des Alpes-Maritimes défend notamment un plan de 60 millions d’euros d’économies. Selon lui, la ville doit réduire certaines dépenses pour accompagner une baisse des impôts qu’il estime prioritaire. Éric Ciotti affirme avoir déjà engagé une diminution fiscale de plus de 50 millions d’euros à Nice. Il considère cette mesure comme essentielle dans un contexte où, selon lui, les Français subissent une pression fiscale trop élevée.

Pour financer cette baisse d’impôts, le maire souhaite supprimer ce qu’il juge inutile ou excessif. Il explique vouloir gérer l’argent public avec davantage de rigueur. Chaque dépense, assure-t-il, doit désormais répondre à un objectif précis lié à l’intérêt général, à l’activité économique ou encore à l’emploi.

Le ton employé par le nouveau maire se veut particulièrement ferme. Éric Ciotti affirme que “la fête est finie” à Nice. À travers cette déclaration, il cible clairement le fonctionnement de l’ancienne majorité municipale dirigée pendant plusieurs années par Christian Estrosi, même s’il évite souvent de le nommer directement.

Le maire critique plusieurs dépenses qu’il considère comme injustifiées. Il évoque notamment les véhicules de fonction, les frais de restaurant élevés, certains déplacements ou encore les dépenses de communication qu’il juge trop importantes. Il annonce également la fin des bureaux luxueux à Paris ainsi qu’une réduction importante des frais de mission.

Dans cette logique, la municipalité prévoit de vendre une partie du parc automobile réservé aux élus. Vingt-cinq véhicules de fonction doivent ainsi être mis en vente. Éric Ciotti souhaite aussi réduire de moitié le nombre de voitures utilisées par les élus et les membres du cabinet municipal.

Autre mesure symbolique : le maire affirme renoncer à certains avantages liés à sa fonction. Il assure qu’il ne bénéficiera plus de sécurité personnelle financée par la collectivité. Ses frais de représentation doivent également disparaître dans le cadre de cette politique de réduction des dépenses.

Cette nouvelle orientation budgétaire ne fait cependant pas l’unanimité à Nice. Certaines décisions suscitent déjà des critiques, notamment la suppression de subventions accordées à des compétitions sportives locales. Plusieurs opposants dénoncent une politique d’austérité qui pourrait fragiliser le tissu associatif et certains événements sportifs de la ville.

L’arrivée d’Éric Ciotti à la mairie marque aussi un changement politique important dans la capitale azuréenne. Après deux mandats de Christian Estrosi, l’élection municipale a pris des allures de confrontation personnelle entre les deux hommes. La campagne a profondément divisé la droite locale.

Depuis les élections législatives de 2024, Éric Ciotti affiche par ailleurs sa proximité avec le Rassemblement national. Le maire de Nice appelle désormais à une large union des droites en vue de l’élection présidentielle de 2027. Dans son entretien, il affirme soutenir aussi bien Marine Le Pen que Jordan Bardella pour représenter ce courant politique.

En parallèle, Christian Estrosi reste au centre de plusieurs polémiques. L’ancien maire fait actuellement l’objet d’une enquête préliminaire pour des soupçons de recel de détournement de fonds publics. Selon plusieurs médias, des chauffeurs employés par la municipalité auraient été utilisés pour des déplacements personnels effectués hors du cadre réglementaire.

Dans ce contexte tendu, Éric Ciotti cherche désormais à installer son image de gestionnaire rigoureux. Avec ses annonces budgétaires et ses déclarations offensives, le nouveau maire veut convaincre les Niçois qu’une nouvelle période s’ouvre pour la ville.