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À Nice, le rappeur Freeze Corleone condamné après des paroles liées à l’attentat de 2016

Par Sacha Caron
Publié le 28 avril 2026 à 09h48 – Temps de lecture : 3 minutes

Le tribunal correctionnel de Nice a tranché. Ce lundi 27 avril 2026, Freeze Corleone écope de 15 mois de prison avec sursis et de 50 000 euros d’amende. Ainsi, la justice sanctionne des propos jugés comme une apologie du terrorisme. Cette décision relance le débat sur les limites de la création artistique.

D’abord, l’affaire concerne la chanson « Haaland ». Dans ce morceau, enregistré avec le rappeur allemand Luciano, certaines paroles interpellent. En effet, elles évoquent indirectement l’attentat du 14 juillet 2016. Même sans citer la Promenade des Anglais, les rimes orientent clairement l’interprétation. Par conséquent, le tribunal retient cette lecture.

Ensuite, ce drame reste profondément ancré dans les mémoires. Ce soir-là, 86 personnes ont perdu la vie et des centaines d’autres ont été blessées. Ainsi, toute allusion à cet événement suscite une émotion forte. Dans ce contexte, les juges estiment que les propos dépassent le cadre artistique.

Par ailleurs, le procureur de la République de Nice a défendu cette position lors de l’audience. Selon lui, l’art peut provoquer, mais il ne doit pas franchir certaines limites. Il dénonce ici une provocation à visée commerciale. De ce fait, il avait demandé une peine plus lourde.

De son côté, Issa Lorenzo Diakhaté choisit de garder le silence. Il ne participe ni au procès ni au délibéré. Cette absence marque les esprits, surtout du côté des victimes.

En revanche, son avocat conteste la décision. Il annonce un appel et critique une interprétation qu’il juge excessive. Selon lui, les propos reprochés ne sont pas formulés de manière explicite. Ainsi, la défense remet en cause la base même de la condamnation.

En parallèle, le tribunal ajoute plusieurs sanctions. Le rappeur doit verser 2 800 euros à chaque partie civile. De plus, il ne pourra pas se rendre dans les Alpes-Maritimes pendant trois ans. Cette mesure souligne la gravité des faits retenus.

D’ailleurs, plusieurs associations de victimes interviennent dans le procès. Elles dénoncent l’utilisation de leur drame dans un contexte artistique. Elles regrettent aussi l’absence du rappeur, qui n’a pas pris la parole face à elles.

De plus, certains responsables associatifs alertent sur l’influence de ces messages. Selon eux, ces références peuvent banaliser la violence auprès d’un public jeune. Par conséquent, ils appellent les artistes à plus de responsabilité.

En outre, ce dossier s’inscrit dans une série de polémiques. Par le passé, Universal Music met fin à sa collaboration avec le rappeur. Depuis, plusieurs concerts ont été annulés après des décisions administratives.

Cependant, l’artiste conserve une forte audience en ligne. Ses titres cumulent des millions d’écoutes. Par exemple, l’album « La menace fantôme » enregistre un démarrage très élevé sur les plateformes. Ainsi, malgré les controverses, sa popularité reste importante.

Enfin, cette affaire illustre une tension persistante. D’un côté, la liberté d’expression. De l’autre, le respect dû aux victimes. À l’approche des dix ans de l’attentat, cette décision trouve un écho particulier à Nice.