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Athis-Mons : le quai se rêve en promenade

Par Assia Bedja
Publié le 24 octobre 2026 à 09h34 – Temps de lecture : 4 minutes

Longtemps, le quai de l’Industrie n’a été qu’un ruban d’asphalte voué au passage des camions, tournant le dos au fleuve qu’il longe pourtant. Athis-Mons a décidé d’en finir avec ce gâchis et de rendre ses bords de Seine aux habitants. Les premiers travaux ont débuté sur les quais, où la circulation et le stationnement sont déjà adaptés au chantier : la ville s’est lancée dans un vaste projet de requalification qui doit, à terme, transformer cette rive industrielle en promenade ouverte sur l’eau. Pour une commune née au bord du fleuve, c’est un morceau d’identité que l’on cherche à retrouver, après des années où la Seine n’était plus qu’un décor entrevu entre deux poids lourds.
Le cœur du projet tient en deux mots : une voie verte. Sur environ 1,5 kilomètre, de Juvisy-sur-Orge au pont du Bourbonnais, une piste cyclable et piétonne doit courir le long de la Seine, séparée de la chaussée par une barrière végétale. La circulation à double sens sera maintenue et plus de cinquante places de stationnement redistribuées sur le parcours, tandis que les trottoirs de la rive urbaine seront repris. Cette séparation végétale, pensée pour sécuriser cyclistes et marcheurs, doit aussi adoucir la frontière brutale entre la circulation et l’eau. L’enjeu : faire cohabiter le vélo, la marche et la voiture sans sacrifier l’un à l’autre, et offrir enfin aux piétons un vrai cheminement là où il fallait jusqu’ici serrer le bord de route.
Au-delà des mobilités, la municipalité veut redonner au fleuve son « caractère bucolique ». La végétation existante sera conservée et mise en valeur, de nouveaux arbres plantés, le mobilier urbain pensé en bois. La renaturation des berges doit aussi profiter à la biodiversité et, au passage, apporter un peu de fraîcheur à une rive aujourd’hui minérale. Pour que la promenade devienne un véritable lieu de vie, la ville cherche des porteurs de projets : une guinguette, une péniche-bar-restaurant ou la remise en activité de l’ancien restaurant Le Petit Robinson figurent parmi les pistes évoquées, clin d’œil aux guinguettes qui animaient jadis les bords de Seine, où l’on venait danser et déjeuner au bord de l’eau.
L’addition est à la hauteur de l’ambition : plus de quatre millions d’euros toutes taxes comprises. La Région participe au financement dans le cadre du Réseau Vélo Île-de-France, et la ville mobilise autour d’elle l’établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre, Voies navigables de France, la Métropole du Grand Paris et l’État, avec l’objectif d’aller chercher des cofinancements partout où c’est possible. Les études de requalification et de renaturation ont été confiées à la Sadev 94, chargée de traduire les intentions en plans concrets avant que les pelleteuses ne prennent le relais. Pour une ville de taille moyenne, boucler pareille enveloppe sans ces appuis extérieurs serait tout simplement hors d’atteinte.
Le calendrier, lui, s’inscrit dans la durée : environ dix-sept mois d’études, puis près de vingt-quatre mois de travaux. La première phase concerne le quai de l’Industrie ; une seconde prolongera l’effort sur les quais de l’Orge et de Seine. À l’arrivée, les cheminements cyclables et piétons doivent se raccorder à ceux de Juvisy-sur-Orge et d’Ablon-sur-Seine, et rejoindre le réseau régional du RER vélo. Autrement dit, la promenade athégienne ne sera pas une impasse, mais un maillon d’un itinéraire bien plus long, qui permettra un jour de relier les communes voisines à la seule force du mollet. De quoi inscrire ce bout de berge dans une ambition qui dépasse largement les limites de la ville.
Le projet n’est pas né d’hier : une réunion publique l’avait présenté aux riverains dès le 10 septembre 2024, à l’Espace René L’Helguen. Deux ans plus tard, les engins sont à pied d’œuvre et la perspective se précise. Il faudra de la patience, un tel chantier vit au rythme des saisons et des financements, et les automobilistes devront composer quelque temps avec les emprises de travaux.