Un samedi pas comme les autres s’est déroulé au parc du Devens. En effet, le 12 septembre, une vingtaine de bénévoles se sont relayés toute la journée pour planter une haie fruitière à Beausoleil. Ainsi, ce chantier marque le lancement officiel d’un vaste projet de végétalisation dans cette commune frontalière de Monaco.
Sous un beau soleil azuréen, les volontaires ont donné de leur temps sans compter. Ils ont d’abord creusé la terre, puis planté les jeunes arbres avant de les arroser soigneusement. Tout au long de la journée, une ambiance conviviale a régné sur le chantier. Or, ce type de mobilisation citoyenne prend une importance croissante face aux défis environnementaux actuels.
Roland Hutier, bénévole de l’association Weekends solidaires, résume d’ailleurs l’esprit de cette journée. Selon lui, il faut recréer une dynamique pour relancer le vivant sur ce territoire. En effet, la terre a aujourd’hui besoin qu’on lui redonne vie, un constat qu’il observe partout autour de lui.
Concrètement, le projet associe la ville de Beausoleil à deux structures locales bien implantées. D’une part, la Maison du Vivant apporte son expertise. D’autre part, Weekends solidaires, association reconnue dans la vallée de la Roya, accompagne également cette initiative depuis ses débuts. Grâce à leur expérience du terrain, les choix techniques de plantation s’appuient sur des méthodes déjà éprouvées ailleurs.
Groseilliers, poiriers et pomélos composent ainsi le cœur de cette nouvelle haie. Par la suite, des arbustes viendront encadrer ces arbres fruitiers. Leur rôle est simple : apporter l’azote nécessaire à la croissance des jeunes plants, et ce, sans recourir à des engrais chimiques.
Romain Venzal, jardinier professionnel, encadre justement les volontaires sur le terrain. Il détaille la logique de cette méthode naturelle. Grâce à cette technique de plantation, les jardiniers d’un jour évitent tout simplement d’avoir besoin d’engrais par la suite. Par conséquent, cette approche séduit de plus en plus de collectivités soucieuses de préserver leurs sols.
À terme, ce projet ambitionne de transformer plusieurs hectares de la commune. Désormais, les espaces verts de Beausoleil ne resteront donc plus de simples décors esthétiques. Au contraire, ils devraient devenir de véritables lieux nourriciers, ouverts à tous les habitants qui souhaiteraient s’y servir.
Cindy Genovese, adjointe à la mairie en charge de l’environnement et des espaces verts, précise par ailleurs les ambitions de la ville. Elle évoque notamment des synergies possibles avec d’autres structures locales. Ainsi, l’épicerie solidaire ou le restaurant Les Petites Cantines pourraient directement bénéficier des récoltes futures.
Cette démarche dépasse néanmoins largement la seule dimension esthétique ou gustative. Gwendoline, une autre intervenante du projet, met en effet en avant les bénéfices climatiques de ces plantations. Grâce aux racines, le ruissellement des eaux diminue et certains terrains sensibles gagnent en stabilité. Cette solidité accrue des sols pourrait donc s’avérer précieuse face aux catastrophes climatiques à venir.
De ce fait, Beausoleil rejoint une dynamique plus large de reverdissement urbain, portée par de nombreuses communes du littoral. Face aux épisodes de sécheresse et aux risques d’inondation qui se multiplient, ces initiatives locales gagnent en visibilité et en soutien citoyen.
Par ailleurs, la journée du 12 septembre s’inscrivait dans un contexte associatif particulièrement dense pour la commune. Le même jour, en effet, se tenait la traditionnelle Journée des Associations et de la Famille, au même parc du Devens. Grâce à cet événement, plus d’une centaine de bénévoles ont ainsi pu présenter leurs activités aux nombreux visiteurs venus découvrir la vie locale beausoleilloise.
Enfin, les prochaines semaines permettront de mesurer la prise de cette nouvelle haie fruitière. Si les jeunes plants s’enracinent comme prévu, Beausoleil pourrait bien voir fleurir, d’ici quelques années, un véritable verger urbain accessible à tous ses habitants.

