À un mois de la rentrée, les collèges du Val-d’Oise se transforment en chantiers. Le Département, compétent pour ces établissements, consacre cet été plus de 6 millions d’euros à une quarantaine d’opérations réparties sur l’ensemble du territoire. L’objectif est de profiter des congés scolaires, quand les bâtiments sont vides, pour mener des travaux impossibles à réaliser en présence des élèves, au cœur de l’année.
Les interventions couvrent un large spectre. Elles vont de la rénovation des salles de classe à la sécurisation des établissements, en passant par la réfection des sanitaires et la rénovation des toitures. Ces chantiers, souvent peu spectaculaires, conditionnent le confort quotidien des collégiens : qualité de l’air, isolation, étanchéité, mise aux normes. Ils doivent être livrés à temps pour la reprise, prévue début septembre, sans marge de report possible.
Cet effort estival s’inscrit dans une politique de long terme. Depuis 2016, le Département indique avoir investi près de 270 millions d’euros dans la construction de collèges. Sept établissements neufs ont ainsi vu le jour, à Herblay-sur-Seine, Pontoise, Cormeilles-en-Parisis, Le Plessis-Bouchard, Cergy, Osny et Persan. La démographie scolaire, dynamique dans plusieurs secteurs du département, explique en partie ce rythme soutenu de constructions, entretenu année après année depuis près de dix ans.
Deux nouveaux collèges sont par ailleurs en chantier, à Bezons et à Saint-Ouen-l’Aumône. Ils viendront compléter, dans les prochaines années, un maillage régulièrement renforcé. D’autres établissements attendent, eux, une réhabilitation d’ampleur : le collège Louis-Aragon à Montigny-lès-Cormeilles et le collège Albert-Camus à Argenteuil figurent parmi les projets annoncés, tandis que les travaux du collège La Justice, à Cergy, doivent débuter à l’automne.
Derrière ces chiffres se cache une compétence méconnue. En France, les collèges relèvent des départements, quand les écoles dépendent des communes et les lycées de la région. À ce titre, le conseil départemental du Val-d’Oise assure la construction, l’entretien et la modernisation des bâtiments, ainsi que la restauration scolaire. Les chantiers d’été constituent le moment où cette responsabilité se voit le plus concrètement, loin des projecteurs.
La période estivale impose un calendrier serré. Les entreprises disposent de quelques semaines seulement pour intervenir, entre le départ des élèves au début de juillet et leur retour en septembre. Toute la difficulté consiste à enchaîner dépose, travaux et remise en état sans déborder sur l’année scolaire. Les équipes techniques du Département suivent chacun des chantiers pour garantir une livraison dans les délais, y compris sur les opérations les plus lourdes, celles qui touchent aux toitures ou aux réseaux et ne peuvent se dérouler que bâtiment vide.
Ces travaux d’entretien complètent les grands projets de construction. Bâtir un collège neuf répond à la hausse des effectifs ; rénover l’existant permet de maintenir en état un parc qui compte plusieurs dizaines d’établissements, dont certains ont vieilli. Entre les deux, la collectivité doit arbitrer chaque année ses priorités, en fonction de l’état des bâtiments et de l’évolution attendue du nombre d’élèves secteur par secteur. Le renforcement du maillage à Bezons et à Saint-Ouen-l’Aumône illustre le premier volet, quand les réhabilitations annoncées à Montigny-lès-Cormeilles, Argenteuil ou Cergy relèvent du second.
La rénovation du bâti répond aussi à un enjeu de confort. Isolation, étanchéité et réfection des installations pèsent sur la température des salles, un sujet devenu sensible avec des étés plus chauds, mais aussi sur la facture énergétique des établissements. En agissant sur le clos et le couvert, les chantiers d’été visent des économies de fonctionnement autant que le bien-être des élèves et des personnels, dans des locaux occupés une grande partie de l’année.
Pour les familles valdoisiennes, ces chantiers passent souvent inaperçus : les élèves retrouveront, à la rentrée, des salles rénovées, des sanitaires refaits ou des toitures étanches sans toujours mesurer l’ampleur de ce qui s’est joué durant l’été. C’est pourtant à cette période que se prépare, dans la discrétion des bâtiments vides, une part du quotidien scolaire de milliers de collégiens du département. Une échéance qui revient chaque année, et à laquelle le calendrier de la rentrée n’autorise aucun retard.
Crédit photo : CDVO/Bruno Beucher

