Pour la septième année consécutive, la Communauté de communes Cœur du Var repart en campagne le long de ses rivières. Depuis ce lundi 24 août 2026, une opération de nettoyage du lit mineur des cours d’eau et de leurs berges est engagée sur le territoire, avec un premier chantier ouvert à Puget-Ville. D’ici au début du mois d’octobre, ce sont 25 kilomètres de rivières qui seront passés au peigne fin dans les dix communes de l’intercommunalité, un effort d’ampleur au service de la qualité des milieux aquatiques.
L’objectif de la démarche est double. Il s’agit d’abord de débarrasser les cours d’eau des déchets qui n’ont rien à y faire, plastiques, encombrants, ferrailles et autres dépôts sauvages charriés par les crues ou abandonnés sur les berges. Il s’agit ensuite de redonner aux rivières leur attrait paysager, de protéger le patrimoine écologique qu’elles abritent et de lutter contre la pollution diffuse qui dégrade silencieusement la qualité de l’eau. Seuls les déchets non végétaux sont concernés par le ramassage, car les branches et la végétation morte jouent un rôle naturel dans l’équilibre des milieux, en offrant abris et nourriture à la faune aquatique.
Sur le terrain, les travaux sont confiés à l’ADESS, une association d’insertion dont les équipes assurent le ramassage tout au long du parcours. Ce choix donne à l’opération une dimension sociale qui complète son ambition environnementale, puisque les chantiers offrent une activité et un cadre professionnalisant à des personnes éloignées de l’emploi. Année après année, ce partenariat s’est imposé comme l’un des rouages discrets mais efficaces de la politique de gestion des milieux aquatiques menée par l’intercommunalité.
Le calendrier établi permet de couvrir méthodiquement l’ensemble du territoire. Après Puget-Ville, où les équipes interviennent jusqu’à ce jeudi 27 août sur 2,8 kilomètres, l’opération se poursuivra à Carnoules à partir de vendredi, puis à Pignans au tout début de septembre. Suivront Besse-sur-Issole et ses 2,6 kilomètres de berges, Flassans-sur-Issole, Cabasse, puis Gonfaron à partir de la mi-septembre. Le Luc-en-Provence concentrera le linéaire le plus important avec 3,9 kilomètres nettoyés à la fin du mois, avant Le Cannet-des-Maures fin septembre et enfin Le Thoronet, qui refermera la campagne au tout début d’octobre. Chaque commune bénéficie ainsi d’un passage adapté à la longueur et à l’état de ses cours d’eau.
Cette régularité paie. Depuis 2019, plus de 150 kilomètres de rivières ont été nettoyés sur le territoire et plus de 30 tonnes de déchets ont été évacuées des lits et des berges. Ces chiffres donnent la mesure de ce qui s’accumule dans les milieux naturels au fil des saisons, mais ils témoignent aussi d’une amélioration progressive, chaque campagne trouvant des berges un peu moins dégradées que la précédente. En Cœur du Var, territoire rural traversé par l’Issole, l’Aille et un chevelu dense de vallons et de ruisseaux, l’enjeu dépasse la seule propreté. Des cours d’eau encombrés de déchets s’écoulent moins bien et aggravent le risque d’inondation lors des épisodes méditerranéens intenses, de plus en plus fréquents dans le département.
La préservation des milieux aquatiques relève par ailleurs des compétences que les intercommunalités exercent au titre de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations, la GEMAPI, confiée aux communautés de communes depuis 2018. Cette compétence obligatoire recouvre aussi bien l’entretien régulier des rivières que la défense contre les crues, deux missions étroitement liées sur un territoire méditerranéen exposé aux pluies soudaines. L’opération annuelle de nettoyage en constitue l’un des volets les plus visibles pour les habitants, qui peuvent d’ailleurs signaler des dépôts ou obtenir des précisions sur les chantiers en contactant le service concerné au 04 98 10 43 89.
Au-delà des tonnages ramassés, c’est un rapport plus attentif aux rivières que l’intercommunalité cherche à installer durablement. Les habitants des dix communes verront passer les équipes de l’ADESS dans leurs vallons d’ici à l’automne et retrouveront ensuite des berges plus accueillantes pour la promenade comme pour la biodiversité. Une manière concrète de rappeler que la qualité des paysages et la sécurité face aux crues se jouent aussi dans le lit discret des ruisseaux du Cœur du Var.

