David Lisnard a remporté les élections municipales de Cannes dès le premier tour, dimanche 15 mars 2026. Le maire sortant LR a obtenu 81,73 % des suffrages. Ce résultat lui ouvre la voie d’un troisième mandat consécutif à la tête de la ville.
Le scrutin ne réservait guère de suspense. La seule vraie question était de savoir si Lisnard s’imposerait dès le premier tour. La réponse est sans appel. Son score reste inférieur aux 88,08 % de 2020, mais il constitue un véritable plébiscite. Le maire s’est félicité d’un « grand chelem ». Il revendique une victoire dans chacun des 56 bureaux de vote, des quartiers populaires aux secteurs les plus aisés.
Face à lui, deux listes tentaient de s’imposer. Lucas Mussio portait les couleurs du Rassemblement national sous l’étiquette « Cannes, croyons en nous ! ». Michel Hugues, lui, conduisait une union de la gauche rassemblant le PS, le PCF et les écologistes. Ni l’un ni l’autre n’a constitué une véritable alternative. Mussio a récolté 11,12 % des voix. Hugues s’est arrêté à 7,16 %. Tous deux se trouvent donc éliminés.
Mussio avait centré sa campagne sur la sécurité de proximité et le logement pour les familles cannoises. Il critiquait la « gestion d’affichage » de la mairie. Il espérait profiter de la dynamique nationale du RN pour s’implanter dans le paysage local. Hugues, ancien conseiller municipal, se présentait comme « la voix des quartiers oubliés », notamment La Bocca. Il défendait la rénovation thermique des logements sociaux et les pistes cyclables. Durant un débat télévisé, il avait déclaré : « On a largué la moitié de la population, en particulier les plus faibles. »
Lisnard avait bâti sa campagne sur la continuité. Président de l’Association des maires de France, il est aussi candidat déclaré à la présidentielle de 2027. Au sein de LR, il a fondé le mouvement Nouvelle Énergie. Son programme reposait sur trois piliers : la réduction de la dette, la cause animale et un projet de végétalisation de la voie rapide. Il a également mis en avant la décarbonation des bus et la prévention des inondations. Ce dernier point est devenu sensible après les intempéries records de fin 2025.
Ses adversaires reconnaissent globalement les résultats de sa gestion. Le désendettement de la ville et le maintien des investissements font consensus. En revanche, le RN a pointé des travaux « incessants » et un sentiment d’insécurité persistant. La gauche, quant à elle, a dénoncé une gentrification progressive de Cannes. Elle juge sa politique de prestige incompatible avec les besoins d’une partie de la population.
Notons par ailleurs que Lisnard avait reçu le soutien d’Éric Ciotti. Cette figure locale est pourtant alliée au RN. Les deux hommes partagent néanmoins la même majorité au conseil départemental. Ce soutien illustre les équilibres complexes de la droite dans les Alpes-Maritimes.
En 2020, l’abstention avait atteint 69,45 % en raison du contexte sanitaire. Ce nouveau scrutin confirme ainsi que David Lisnard reste une figure incontournable de la vie politique cannoise et régionale.
Crédit Photo : Gilles Traverso, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons

