L’annonce de la programmation de la Feria de Pâques 2026 par la direction de la communication de la Ville d’Arles marque le début d’une séquence institutionnelle et culturelle de premier plan pour le département des Bouches-du-Rhône. Du vendredi 3 au lundi 6 avril 2026, la cité arlésienne se transformera en un pôle d’attraction majeur, mobilisant l’ensemble des services municipaux, de la police municipale aux agents du nettoiement, pour encadrer une manifestation dont le rayonnement dépasse largement les frontières de la métropole Aix-Marseille-Provence. Cet événement, qui s’inscrit dans une tradition séculaire de gestion des espaces publics et de promotion de l’identité taurine, repose sur une ingénierie administrative complexe visant à concilier la ferveur populaire avec les impératifs de sécurité et d’organisation territoriale. La municipalité, sous l’égide du maire et en concertation étroite avec le Comité de la Feria, a élaboré un dispositif global qui intègre des dimensions artistiques, économiques et logistiques, faisant d’Arles le centre névralgique du territoire durant ces quatre jours de festivités. La signature de l’affiche par l’artiste Pierre Marie Brisson souligne cette volonté d’allier prestige international et ancrage local, unissant le Palais de l’Archevêché aux arènes romaines dans un même élan créatif.
Le coup d’envoi symbolique de cette édition sera donné dès le mercredi 1er avril 2026 avec la Feria de los Niños, une journée de découverte des traditions taurines spécifiquement dédiée à la jeunesse et aux centres de loisirs du département. Cette initiative de transmission, qui débute par un rassemblement sur le parvis des arènes à neuf heures trente, se caractérise par la remise symbolique des clés de la ville par le maire, un acte politique fort marquant l’implication de la puissance publique dans la pérennisation des coutumes locales. Les activités ludiques encadrées par l’école taurine d’Arles et la Fédération française de course camarguaise se poursuivront ensuite à l’Espace Toros aux Corrales de Gimeaux, illustrant la volonté des décideurs locaux de sensibiliser les générations futures aux spécificités de l’élevage et aux arts de la piste. Cette séquence préparatoire souligne l’importance de l’Espace Toros, ouvert gratuitement du 28 mars au 2 avril, comme lieu d’acculturation et de pédagogie pour les usagers et les familles des Bouches-du-Rhône.
La cérémonie d’ouverture officielle, programmée le vendredi 3 avril sur la place de la République, verra la remise des clés au Comité de la Feria, déclenchant ainsi le protocole des festivités urbaines et le départ du cortège vers les arènes. La programmation taurine, pierre angulaire de l’événement, a été validée par la Commission taurine extramunicipale et propose un équilibre entre courses camarguaises et corridas de haut niveau. Dès le vendredi après-midi, la course camarguaise Royale de la manade Laurent mettra en scène des taureaux d’élite comme Souleu ou Scorpus, affrontés par des raseteurs de renom tels que Cadenas et Marignan. Les jours suivants, les cartels annoncés incluent des figures internationales de la tauromachie, notamment José María Manzanares, Alejandro Talavante et le jeune Marco Pérez face à des toros de Garcigrande, ou encore Daniel Luque et Emilio De Justo face à l’élevage Torrealta. Le lundi 6 avril, la corrida de Rejon mettra à l’honneur Andy Cartagena et Léa Vicens, avant une clôture spectaculaire par Manuel Escribano et El Rafi face aux redoutables Murteira Grave. Cette programmation d’envergure est complétée par des novilladas sans picador et piquées, garantissant la promotion des nouveaux talents du secteur taurin.
Parallèlement aux événements dans les arènes, la Ville d’Arles déploie une offre culturelle dense à travers ses espaces muséaux et ses bâtiments historiques du centre-ville. Le Palais de l’Archevêché accueille depuis le 6 mars et jusqu’au 6 avril l’exposition Traces de Pierre Marie Brisson, tandis que la salle Henri Comte est dévolue à la peinture taurine de Yann Perez, un artiste né à Arles en 1969 dont l’œuvre est nourrie par cet univers depuis l’enfance. Le Musée de la Mode et du Costume présentera également, du 27 mars au 26 avril, une exposition intitulée Costumes de lumière, mettant en dialogue des costumes historiques et des créations de haute couture en piste et sur les podiums. Ces initiatives culturelles, soutenues par la direction de la communication, permettent d’élargir le public de la feria et d’ancrer la manifestation dans une dimension artistique exigeante. L’artiste Pierre Marie Brisson rencontrera d’ailleurs le public lors de séances de dédicaces au Palais de l’Archevêché et à l’Hôtel Jules César durant le week-end pascal.
Sur le plan de l’organisation urbaine, la municipalité a instauré un périmètre de circulation réglementée, la zone Feria, accessible uniquement aux véhicules munis d’un laissez-passer délivré par la police municipale. Pour pallier ces restrictions et garantir la sécurité des usagers, un dispositif de navettes de nuit gratuites opéré par Envia sera mis en place au départ de la place Gabriel-Péri à minuit, deux heures et quatre heures du matin. Ces liaisons desserviront des communes clés comme Mas-Thibert, Tarascon, Saint-Martin-de-Crau et Les Saintes-Maries-de-la-Mer, démontrant une vision territoriale de la gestion des flux de transport. La sécurité sanitaire et la prévention des risques sont également au cœur des préoccupations institutionnelles avec l’installation d’un pôle de prévention à l’ancienne Poste et d’un poste de secours place des Pescaïres, mobilisant la Croix-Rouge et des équipes médicales pour encadrer les soirées qui se prolongeront jusqu’à quatre heures du matin pour les bodegas et établissements de débits de boissons. Plus aucune boisson ne devra être servie une heure avant la fermeture, une mesure administrative visant à assurer une évacuation calme du centre-ville.
La gestion de l’espace public durant la feria inclut également des mesures strictes en matière de propreté et de sécurité routière, avec des tests d’alcoolémie et des actions de sensibilisation contre les violences faites aux femmes portées par le CIDFF. Cette approche proactive des pouvoirs publics vise à garantir que la fête reste un espace de liberté respectueux de la légalité républicaine. L’aspect économique est soutenu par une gestion rigoureuse des parkings municipaux, tels que ceux du boulevard des Lices ou de la gare SNCF, offrant plus de deux mille places pour accueillir les visiteurs motorisés. Le lundi 6 avril, une chasse aux œufs sera organisée dans le jardin d’été pour les enfants, marquant la fin de cette séquence festive par un événement familial et ludique. En structurant ainsi la Feria de Pâques 2026 autour de décisions administratives claires et d’un programme diversifié, la Ville d’Arles réaffirme sa capacité à porter des projets territoriaux d’envergure, alliant respect des traditions camarguaises et modernité organisationnelle au bénéfice de l’ensemble des habitants des Bouches-du-Rhône.

