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Inondations, la Région Sud mobilise cinq millions d’euros pour les Bouches-du-Rhône

Bénévoles secouristes dans une rue inondée, fonds régional mobilisé
Par Jonathan Caron
Publié le 2 novembre 2026 à 10h06 – Temps de lecture : 6 minutes

Trois jours après les pluies diluviennes qui ont frappé l’ouest des Bouches-du-Rhône, François de Canson, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, s’est rendu le vendredi 23 octobre 2026 à Saint-Chamas, à Arles puis à Istres. Au contact des agents de la SNCF, des exploitants agricoles et des élus locaux, il est venu mesurer l’ampleur des dégâts et annoncer la mobilisation en urgence du fonds régional d’adaptation au changement climatique, doté de cinq millions d’euros par an. Cette enveloppe doit permettre d’accompagner les communes, les agriculteurs et les entreprises sinistrés dans la remise en état et la reprise de leurs activités.

Les intempéries du mardi 20 octobre ont laissé des traces profondes sur le pourtour de l’étang de Berre et jusqu’en Camargue. Routes coupées, habitations envahies par les eaux, commerces noyés, équipements publics endommagés, le bilan s’est alourdi au fil des jours et plusieurs communes ont engagé des demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Dans ce contexte, la visite du président de Région s’inscrit dans la série de déplacements institutionnels qui se sont succédé sur le territoire depuis une dizaine de jours, chacun venant avec ses propres dispositifs d’aide.

La première étape du déplacement a conduit François de Canson à Saint-Chamas, où le réseau ferroviaire a particulièrement souffert. Les agents de la SNCF y sont à pied d’œuvre depuis le mardi 20 octobre pour réparer les infrastructures et permettre la reprise des circulations. Les coupures sur cette portion de ligne, qui relie Marseille à Miramas par la côte bleue et le nord de l’étang de Berre, bouleversent le quotidien de milliers d’habitants qui comptent sur le train pour aller travailler, étudier ou simplement se déplacer. Le président a salué le travail des cheminots et rappelé que la Région, en tant qu’autorité organisatrice des transports régionaux, travaille main dans la main avec l’opérateur pour rétablir le service dans les meilleurs délais et en toute sécurité.

Ce rôle d’autorité organisatrice n’est pas un simple titre. Depuis la régionalisation des transports ferroviaires de voyageurs, la Région finance et organise le réseau des trains express régionaux, fixe les dessertes et les horaires, et assume une part déterminante des coûts d’exploitation. Lorsqu’une ligne est interrompue, c’est donc elle qui doit, avec la SNCF, trouver les solutions de substitution, organiser les cars de remplacement et arbitrer les priorités de remise en état. La présence du président sur les voies endommagées de Saint-Chamas rappelle ainsi que le rétablissement du train constitue, de son propre aveu, la première des urgences.

Le cortège a ensuite pris la direction d’Arles, où François de Canson a rencontré les exploitants de la manade Allard. Cet élevage de taureaux de Camargue a vu des mois de travail compromis en quelques heures par la montée des eaux. Les manades, qui élèvent les taureaux et les chevaux emblématiques du delta du Rhône, vivent au rythme des pâturages inondables et des traditions de la course camarguaise. Lorsque les terres restent noyées, les bêtes doivent être déplacées, le fourrage manque et les pertes s’accumulent. Au-delà du cas de la manade Allard, c’est toute une filière agricole arlésienne, déjà fragilisée par les épisodes climatiques des dernières années, qui attend un soutien rapide pour passer l’hiver.

Dernière étape du parcours, Istres a offert au président de Région l’occasion de saluer l’engagement des agents municipaux, très sollicités depuis le début de la crise pour pomper, nettoyer et sécuriser les espaces publics. Il s’est entretenu avec le maire des besoins les plus pressants de la commune et des moyens que la Région pourra mobiliser pour faciliter la réparation des équipements endommagés. Cette séquence istréenne illustre la logique du fonds régional, pensé pour venir en appui des collectivités locales qui, en première ligne, ne peuvent pas toujours absorber seules le coût des réparations.

Le fonds régional d’adaptation au changement climatique a été créé pour répondre à des situations de ce type. Doté de cinq millions d’euros chaque année, il est destiné aux territoires confrontés à des catastrophes naturelles et climatiques, qu’il s’agisse d’inondations, d’incendies ou de sécheresses. Il peut intervenir auprès des collectivités, des exploitants agricoles et des entreprises pour contribuer aux travaux nécessaires et soutenir le redémarrage des activités. En demandant son déploiement immédiat, François de Canson a voulu éviter les délais habituels d’instruction et permettre un versement rapide des premières aides.

Le président de Région a insisté sur le fait que, derrière les dégâts matériels, ce sont des vies bouleversées et des familles touchées qu’il s’agit d’accompagner. Il a fixé trois priorités, rétablir les transports, aider les communes à remettre en état leurs équipements et permettre aux agriculteurs comme aux entreprises de se relever. Cette intervention régionale vient s’ajouter aux dispositifs annoncés par le Département des Bouches-du-Rhône, qui a débloqué de son côté des enveloppes pour les communes sinistrées et pour les éleveurs, ainsi qu’aux démarches engagées par l’État pour la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

Pour les habitants de Saint-Chamas, d’Istres, d’Arles et des communes voisines, l’enjeu dépasse désormais l’urgence des premiers jours. Il s’agit de retrouver un train fiable pour aller travailler, de voir rouvrir les parcs et les équipements fermés par précaution, de permettre aux commerçants et aux éleveurs de reprendre leur activité avant la fin de l’année. L’articulation entre Région, Département, communes et État sera déterminante pour que les aides annoncées se traduisent rapidement sur le terrain, et pour préparer un territoire de plus en plus exposé aux épisodes méditerranéens intenses.