En ce début de mai 2026, Dracénie Provence Verdon agglomération s’apprête à inviter ses habitants à prendre part directement à la construction de sa politique de déplacements. À partir du 3 juin 2026, la collectivité ouvrira un appel à candidatures pour rejoindre son Comité des partenaires, l’instance qui réunit autour de la même table les acteurs concernés par la mobilité sur le territoire. Les volontaires auront jusqu’au 17 juin inclus pour se manifester, soit une quinzaine de jours pour celles et ceux qui souhaitent peser sur l’avenir des transports en Dracénie.
Cette démarche n’est pas une simple opération de communication. Le Comité des partenaires est une instance dont la création s’impose aux collectivités qui organisent les transports, depuis la Loi d’orientation des mobilités adoptée en 2019. Le législateur a voulu que les autorités responsables des déplacements ne décident plus seules dans leur coin, mais qu’elles consultent régulièrement celles et ceux qui vivent et financent la mobilité au quotidien, des salariés aux entreprises en passant par les voyageurs occasionnels. En se dotant de ce comité, Dracénie Provence Verdon agglomération répond donc à une obligation légale tout en se donnant les moyens d’ajuster ses choix au plus près des réalités vécues par la population.
La composition de l’instance traduit cette volonté d’écoute large. Le comité réunira des représentants d’organisations professionnelles, des organisations syndicales et des usagers, auxquels viendront s’ajouter de simples habitants du territoire. C’est précisément sur ce dernier collège que portera l’appel à candidatures. Deux habitants seront retenus pour siéger aux côtés des partenaires institutionnels, ce qui garantira qu’une parole citoyenne, détachée de tout intérêt professionnel ou syndical, sera entendue lors des échanges. Pour assurer l’impartialité de cette sélection, les deux noms seront désignés par tirage au sort, et cette opération se déroulera sous le contrôle d’un huissier de justice afin qu’aucune contestation ne puisse être soulevée.
Les conditions pour se porter candidat ont été pensées pour rester accessibles au plus grand nombre. Il suffira d’être majeur et de résider à titre principal sur l’une des communes de l’agglomération. Aucune compétence particulière ne sera exigée, l’objectif étant justement de recueillir le regard d’usagers ordinaires des routes, des bus et des autres modes de déplacement. Les personnes intéressées devront remplir un formulaire en ligne mis à disposition par la collectivité, et pourront obtenir des renseignements complémentaires en contactant l’agglomération au 04 94 50 16 20.
Le calendrier est d’ores et déjà fixé avec précision. Une fois l’appel à candidatures clos le 17 juin, le tirage au sort interviendra dans un délai de quinze jours, ce qui situe la désignation des deux habitants autour de la première semaine de juillet. Les personnes tirées au sort seront ensuite informées dans les deux semaines suivant cette opération, de sorte que la composition complète du comité sera connue avant la fin de l’été. L’instance, qui sera présidée par Christine Premoselli, élue en charge des mobilités au sein de l’agglomération, se réunira au minimum deux fois par an.
Le rôle confié à ce comité dépassera la simple consultation de principe. Ses membres seront amenés à donner leur avis sur l’ensemble de la politique de mobilité menée sur le territoire, depuis les grandes orientations jusqu’aux projets structurants qui dessineront les déplacements de demain. Ils seront également consultés sur toute évolution du Versement Mobilité, cette contribution versée par les employeurs de plus de onze salariés qui constitue l’une des principales sources de financement des transports publics. En associant les habitants à ces arbitrages parfois techniques, l’agglomération fait le pari que des décisions mieux comprises seront aussi mieux acceptées.
Pour un territoire comme la Dracénie, qui rassemble une vingtaine de communes autour de Draguignan dans le centre du Var, la question des déplacements est loin d’être abstraite. Entre les trajets domicile travail, la desserte des communes les plus rurales et les besoins des personnes sans voiture, la mobilité conditionne l’accès à l’emploi, aux soins et aux services du quotidien. En ouvrant son Comité des partenaires à deux de ses habitants, l’agglomération offrira à chacun la possibilité de transformer ses observations de terrain en propositions concrètes, et rappelle que les politiques de transport se construisent d’abord à partir de l’expérience de celles et ceux qui les empruntent chaque jour.

