1. Home
  2. Nos départements
  3. VAR (83)
  4. La préfecture du Var alerte les voyageurs sur les risques de rage cet été

La préfecture du Var alerte les voyageurs sur les risques de rage cet été

Par Jonathan Caron
Publié le 13 juin 2026 à 21h33 – Temps de lecture : 4 minutes

À l’approche des vacances d’été, la préfecture du Var a diffusé ce mercredi 10 juin 2026 une mise en garde à destination des voyageurs tentés de ramener un animal trouvé ou adopté à l’étranger. Derrière cette recommandation se cache une préoccupation sanitaire majeure, car la rage demeure l’une des maladies les plus redoutables qui circulent encore à travers le monde. Si elle a disparu du territoire métropolitain, elle continue de tuer ailleurs à un rythme que la plupart des Français n’imaginent pas, et chaque été ramène son lot de situations où un geste de compassion mal informé, souvent dicté par l’émotion du moment, peut faire entrer le virus sur le sol national.

Les chiffres rappelés par les services de l’État donnent la mesure du danger. À l’échelle planétaire, la rage est responsable d’un décès toutes les neuf à dix minutes, soit plusieurs dizaines de milliers de morts chaque année, en grande majorité des enfants vivant dans des régions où la vaccination des animaux reste insuffisante et où l’accès aux soins demeure difficile. La maladie présente une particularité qui la rend si effrayante. Tant que les symptômes ne se sont pas déclarés, une prise en charge rapide permet d’éviter le pire, mais une fois les premiers signes apparus, aucun traitement ne peut plus enrayer son évolution. L’issue est alors systématiquement fatale chez l’être humain, ce qui fait de la prévention le seul rempart véritablement efficace.

La situation française tient à un long travail de surveillance et de vaccination qui a permis d’éradiquer la rage du territoire métropolitain. Cette tranquillité ne doit pourtant pas faire oublier que le virus reste bien présent aux portes de l’Europe. Il demeure endémique dans plusieurs pays d’Europe de l’Est ainsi que dans les pays du Maghreb, des destinations que de nombreux habitants du Var rejoignent justement pendant la période estivale, que ce soit pour le tourisme ou pour rendre visite à leur famille. C’est précisément à l’occasion de ces déplacements que le risque se concentre, lorsqu’un chiot ou un chaton croisé sur place, parfois affamé et apparemment inoffensif, suscite l’envie de l’emmener avec soi.

Pour éviter qu’un tel geste ne tourne au drame sanitaire, la préfecture détaille plusieurs précautions à respecter. Tout animal ramené d’un pays non indemne doit disposer d’une vaccination valide délivrée par un vétérinaire habilité, accompagnée d’un titrage des anticorps qui confirme l’efficacité réelle de cette protection avant le retour. Cette vérification, parfois perçue comme une formalité contraignante, constitue en réalité la garantie que l’animal ne porte pas le virus à son insu pendant la longue période d’incubation. Les voyageurs sont également invités à ne pas toucher les chiens ou les chats errants qu’ils pourraient rencontrer, ces animaux libres étant les vecteurs les plus probables de la maladie dans les zones concernées.

La prudence vaut aussi dans l’autre sens, pour ceux qui choisissent de partir accompagnés de leur propre compagnon. Avant tout déplacement vers un pays où la rage circule encore, il est indispensable de faire vacciner son animal domestique, afin de le protéger lui-même et d’éviter qu’il ne devienne à son tour un relais du virus au retour. Les services de l’État rappellent par ailleurs que l’introduction illégale de carnivores domestiques sur le territoire est strictement interdite, une règle qui vise à empêcher que des animaux au statut sanitaire inconnu n’échappent à tout contrôle.

Au delà de la seule réglementation, la préfecture insiste sur la dimension collective de cette vigilance. Se prémunir contre la rage, ce n’est pas seulement se protéger soi-même, c’est aussi préserver son entourage, ses proches et toutes les personnes susceptibles d’entrer en contact avec un animal potentiellement infecté. Un foyer qui ramène involontairement un animal porteur expose en effet bien d’autres personnes que ses seuls membres, des enfants du voisinage aux professionnels de santé animale.

Pour accompagner cette campagne de sensibilisation, les services de l’État mettent à disposition plusieurs outils pédagogiques, parmi lesquels une vidéo explicative ainsi qu’un kit de communication composé d’affiches et de dépliants, accessible sur le site du ministère de l’Agriculture. Ces supports visent à diffuser largement les bons réflexes avant le grand départ, pour que la saison estivale rime avec découverte et retrouvailles plutôt qu’avec un risque sanitaire évitable.