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La préfecture du Var rappelle les règles de prévention de la chaleur au travail

Un ouvrier de chantier s'hydrate face à la chaleur estivale
Par Jonathan Caron
Publié le 23 juin 2026 à 20h43 – Temps de lecture : 4 minutes

En ce début d’été 2026, le Var traverse une nouvelle vague de chaleur et se trouve placé en vigilance orange canicule cette semaine. Dans ce contexte, la préfecture du Var et les services du ministère du Travail rappellent ce mardi 23 juin les obligations qui pèsent sur les employeurs et les protections dont disposent les salariés exposés à de fortes températures. Le message tient en une idée simple. La chaleur n’est pas un désagrément passager, mais un véritable risque professionnel qui doit être anticipé et organisé comme les autres.

Les épisodes de chaleur deviennent en effet plus intenses, plus fréquents et plus étendus sur l’ensemble du territoire. Leurs effets sur la santé apparaissent vite. Chaque année, Santé publique France recense des accidents du travail mortels directement liés à l’exposition à la chaleur. Ce constat justifie une vigilance accrue, car le danger ne se limite pas aux personnes fragiles. Les victimes appartiennent à tous les âges, y compris de jeunes travailleurs en bonne santé qui se croyaient à l’abri.

Certains secteurs concentrent davantage de risques que d’autres. Le bâtiment et les travaux publics, l’agriculture et la sylviculture exposent leurs salariés à un effort physique soutenu, souvent en plein soleil et sans possibilité de se mettre à l’ombre. Dans ces métiers, le corps produit déjà beaucoup de chaleur par l’effort, et l’environnement extérieur ajoute sa propre contrainte. Le début d’une canicule se révèle particulièrement traître. L’organisme n’est pas encore acclimaté et supporte donc moins bien la montée des températures que quelques jours plus tard.

Face à ce risque, l’hydratation régulière et les pauses restent indispensables. Pour autant, elles ne suffisent pas à elles seules. C’est pourquoi la prévention doit d’abord passer par l’organisation du travail. Concrètement, cela signifie décaler les tâches les plus pénibles aux heures les plus fraîches, aménager des zones d’ombre et de repos, alléger la charge physique ou encore renforcer la surveillance entre collègues. Ces mesures relèvent d’une obligation et non d’une simple recommandation de bon sens.

Le Code du travail encadre précisément cette responsabilité. Ses articles L. 4121-1 et R. 4121-1 imposent à l’employeur d’assurer la sécurité de ses salariés et d’intégrer les ambiances thermiques dans l’évaluation des risques. Autrement dit, la chaleur doit figurer noir sur blanc dans le document unique qui recense les dangers de chaque poste. En période de vigilance rouge, l’employeur doit même réévaluer la situation chaque jour, en fonction des prévisions et des conditions réelles sur le terrain. Dès lors que les mesures prises se révèlent insuffisantes, notamment lors de fortes chaleurs combinées à un travail physique intense, il lui revient de suspendre l’activité pour protéger ses équipes.

Les salariés ne sont pas démunis lorsque le travail s’interrompt ou se réduit. Plusieurs dispositifs existent pour limiter la perte de revenu pendant les épisodes de vigilance orange ou rouge. La récupération des heures perdues constitue une première solution. Dans le bâtiment, les caisses de congés intempéries jouent un rôle de filet de sécurité bien connu des professionnels. Enfin, le recours à l’activité partielle permet, dans certaines situations, d’indemniser les heures non travaillées. Ces outils offrent une marge de manœuvre aux entreprises qui choisissent de privilégier la santé de leurs salariés plutôt que la poursuite du chantier à tout prix.

Les employeurs comme les salariés peuvent par ailleurs s’appuyer sur un réseau d’organismes spécialisés. La CARSAT accompagne les entreprises dans leur démarche de prévention, tandis que l’OPPBTP cible plus particulièrement les métiers du bâtiment. Du côté agricole, la MSA propose conseils et ressources adaptés aux exploitations. Pour aller plus loin, le ministère du Travail met à disposition des guides pratiques et des fiches techniques sur son site officiel, régulièrement actualisés au fil des alertes.

Au-delà des obligations réglementaires, ce rappel résonne fortement dans un département comme le Var. Le tissu économique local repose en partie sur des activités de plein air, du chantier au maraîchage en passant par l’entretien des espaces naturels. Pour des milliers de travailleurs varois, la question de la chaleur n’a donc rien d’abstrait. Anticiper, organiser et savoir s’arrêter à temps deviennent les meilleurs réflexes pour traverser l’été sans drame.