À Hyères, la presqu’île de Giens retrouve l’un de ses parcours les plus spectaculaires. Ce mardi 7 juillet 2026, la Métropole Toulon Provence Méditerranée a célébré la réouverture du sentier du littoral du Niel, fermé au public depuis un quart de siècle. Élus, partenaires, entreprises et associations locales se sont retrouvés sur place pour marquer l’aboutissement d’un chantier délicat, mené entre mer et falaises, qui rend aux promeneurs un passage attendu de longue date.
Le tronçon avait fermé en 2001. À l’époque, l’instabilité des falaises faisait peser un risque réel sur les marcheurs, et la prudence avait imposé la condamnation du passage. Le site présentait en effet des désordres géotechniques importants, autrement dit des fragilités de la roche susceptibles de provoquer des éboulements sur le cheminement. Pendant plus de dix ans, la Métropole a donc fait étudier le secteur afin de comprendre précisément le comportement du massif et d’imaginer une réponse durable. Ces analyses ont ensuite débouché sur un programme complet de sécurisation et de réhabilitation.
Concrètement, les équipes ont restauré près de 800 mètres de cheminement. Elles ont édifié des ouvrages de soutènement et posé des ancrages de fondation, qui arriment désormais le sentier à la roche. Trois butons de confortement, habillés de pierres pour se fondre dans le paysage, épaulent par ailleurs les parois les plus sensibles. Une zone demeurait toutefois trop fragilisée pour être traitée. Les concepteurs ont alors choisi de déporter le tracé à l’intérieur de l’emprise de l’hôtel Le Provençal, ce qui permet de contourner le secteur en toute sécurité. L’ensemble du parcours a enfin bénéficié d’une requalification complète, du revêtement jusqu’aux abords.
La technique ne dit pourtant pas tout de ce chantier. Les travaux se sont déroulés dans un environnement d’une valeur écologique exceptionnelle, au sein du Parc national de Port-Cros, pionnier de la protection marine en Europe. Le secteur est également inscrit au réseau Natura 2000, ce dispositif européen qui protège les habitats naturels et les espèces remarquables, et il bénéficie d’un classement au titre des paysages. Dès lors, chaque intervention a fait l’objet de précautions particulières. Un suivi environnemental dédié a accompagné les entreprises tout au long des opérations, afin de limiter l’impact du chantier sur la faune, la flore et la physionomie du site.
L’investissement se révèle à la hauteur de l’enjeu. La sécurisation des falaises a représenté 405 113 euros TTC, tandis que la réhabilitation du cheminement a mobilisé 593 700 euros. Il faut y ajouter 83 900 euros de maîtrise d’œuvre et 19 800 euros consacrés au suivi environnemental. Au total, l’opération dépasse ainsi le million d’euros, un montant qui traduit la complexité d’un chantier mené sur des parois instables, dans un espace protégé et difficilement accessible.
Lors de la cérémonie, Véronique Bernardini, maire d’Hyères, a souligné que le sentier du littoral représente bien plus qu’un chemin de promenade et qu’il permet à chacun de découvrir la beauté de la côte varoise. Cette réouverture illustre en effet l’attachement des collectivités à ces itinéraires hérités des anciens chemins des douaniers, qui longent la Méditerranée au plus près et offrent des points de vue introuvables ailleurs.
Le Niel s’inscrit d’ailleurs dans un réseau bien plus vaste. La Métropole Toulon Provence Méditerranée gère 52 kilomètres de sentiers littoraux répartis sur son territoire, de la rade de Toulon aux plages hyéroises. Elle y consacre chaque année plus d’un million d’euros d’entretien, car ces chemins subissent en permanence l’érosion marine, les intempéries et une fréquentation soutenue. La remise en état du Niel constitue à ce titre l’une des opérations les plus ambitieuses menées sur ce réseau.
Pour les habitants de la presqu’île comme pour les visiteurs de passage, la promesse est désormais concrète. Dès cet été 2026, chacun peut de nouveau emprunter le sentier du littoral entre les criques et les falaises du Niel, sur un parcours sécurisé qui avait disparu des habitudes depuis une génération. Le territoire hyérois retrouve ainsi un morceau de son littoral, et avec lui une part de son identité maritime.

