La Micro-Folie de Villiers-sur-Marne place sa rentrée sous le signe de la culture urbaine. Depuis le 29 août et jusqu’au 26 septembre, l’équipement culturel municipal, installé au premier étage du musée Émile-Jean, rue Louis-Lenoir, présente l’exposition « Du trait au spray : entre graff et griffonnage ». La proposition réunit deux artistes aux univers distincts, mais rassemblés autour d’une même matière, le dessin et la peinture, du feutre le plus fin à la bombe aérosol. L’entrée est libre et l’accrochage s’adresse à tous les publics, des familles aux amateurs avertis.
La première artiste, qui signe ses œuvres du nom de Sandre, déploie un univers coloré où se croisent le graffiti, les formes géométriques et des personnages empruntés au dessin animé. Formée à l’École des Gobelins, où elle s’est spécialisée dans l’animation en trois dimensions, le motion design et la direction artistique, elle revendique un style personnel mêlant illustration, fresque murale et culture urbaine. Elle se consacre à l’art mural depuis 2022 et livre des compositions énergiques, pensées pour habiter et saturer l’espace, à la lisière de l’affiche et de la peinture.
Le second, Tom Audebert, propose une démarche plus intérieure. Ses œuvres se construisent à partir de « chemins continus », un trait ininterrompu qu’il présente comme le symbole du passage du temps et de l’importance de l’instant présent. Passé par des études en sciences de l’art à la Sorbonne, il cite parmi ses références l’artiste japonaise Yayoi Kusama, le dessinateur de bande dessinée Moebius et l’humoriste graphique Mordillo. Ses dessins invitent le visiteur à une lecture lente et méditative, à rebours de l’immédiateté que l’on associe volontiers au geste du graffeur.
En confrontant ces deux sensibilités, l’exposition interroge les frontières poreuses entre l’art de la rue et l’art de l’atelier. D’un côté, l’explosion de couleurs et la vitesse du spray ; de l’autre, la patience du trait et la précision du feutre. Le rapprochement met en évidence ce que ces pratiques partagent, une même liberté formelle, un même goût du motif et une même volonté de rendre le dessin accessible, loin des codes parfois intimidants des institutions.
L’accrochage illustre la vocation de la Micro-Folie, un dispositif culturel de proximité déployé dans de nombreuses communes de France. Le lieu associe un musée numérique, qui donne accès sous forme reproduite aux collections de grandes institutions nationales, à une programmation gratuite tournée vers les arts, le patrimoine et les nouvelles technologies. Au fil des saisons, il propose des expositions temporaires, des ateliers destinés aux enfants, des conférences, des projections de documentaires, des séances de jeux vidéo et des concerts, avec l’ambition de toucher un public large et intergénérationnel.
Pour découvrir « Du trait au spray », les visiteurs sont accueillis le mercredi de 14h à 18h, le vendredi de 15h à 19h et le samedi de 10h à 12 h 30 puis de 14h à 18h. La visite est libre et ne nécessite aucune réservation. Elle permet de circuler d’un univers à l’autre et d’observer de près les techniques employées par les deux artistes, du tracé au pochoir jusqu’aux dégradés obtenus à la bombe.
L’exposition s’accompagne de plusieurs rendez-vous programmés à l’approche de sa clôture. Le 25 septembre à 18h, la Micro-Folie propose une micro-visite commentée consacrée à l’histoire du street art, l’occasion de replacer le travail de Sandre et de Tom Audebert dans une filiation plus large, née dans les grandes métropoles avant d’entrer dans les galeries et les musées. Le lendemain, 26 septembre, de 10 h 30 à 12h, une projection du documentaire « Le Douanier Rousseau, ou l’éclosion moderne » prolonge la réflexion sur les liens entre art savant et art populaire.
Le choix de la culture urbaine n’a rien d’anecdotique pour un équipement qui cherche à séduire un public jeune et familial. En présentant le graff comme une discipline à part entière, dotée de codes, d’une histoire et de techniques exigeantes, la Micro-Folie prolonge un mouvement de reconnaissance engagé de longue date. L’accrochage laissera ensuite place, dès le 30 septembre, à une nouvelle exposition intitulée « Constellations ». Les renseignements sont disponibles auprès de la Micro-Folie, rue Louis-Lenoir.
Crédit photo : Ville de Villiers-sur-Marne

