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Marseille, capitale du premier film documentaire

Par Christof Lorenzo
Publié le 22 février 2026 à 18h12 – Temps de lecture : 6 minutes

En ce début de mois de mars 2026, la ville de Marseille confirme son rang de pôle cinématographique majeur au sein du département des Bouches-du-Rhône avec le lancement de la dix-septième édition du festival La Première Fois. Cette manifestation, qui se déroule officiellement du 2 au 8 mars 2026, s’inscrit dans une politique territoriale de soutien à la création émergente et de démocratisation culturelle portée par la municipalité phocéenne. À une période où les enjeux de l’image et de l’audiovisuel sont au cœur du développement économique local, l’accueil d’une sélection internationale de premiers films documentaires souligne la vitalité des partenariats entre les structures institutionnelles et les salles de cinéma indépendantes du territoire. Le festival investit des lieux emblématiques de la vie culturelle marseillaise tels que les cinémas Les Variétés, La Baleine ou encore le Vidéodrome 2, créant ainsi un maillage territorial qui irrigue différents quartiers de la cité. Cette organisation repose sur une volonté de mettre en lumière des talents dont les œuvres interrogent le réel et participent au débat public, renforçant le rôle de Marseille comme terre d’accueil pour le cinéma d’auteur et documentaire.

La genèse de cet événement remonte à l’année 2008, sous l’impulsion de l’association Les Films du Gabian. Cette structure, qui porte le projet depuis près de deux décennies, s’est donné pour mission de réaliser, de produire et de partager des temps de réflexion et de dialogue autour de la diffusion cinématographique. En s’appuyant sur ce socle associatif solide, le festival a su pérenniser son action au fil des ans, s’intégrant parfaitement dans l’écosystème audiovisuel des Bouches-du-Rhône. Cette longévité témoigne d’une gestion rigoureuse et d’une vision artistique cohérente qui privilégie la proximité entre les créateurs et les spectateurs. L’ancrage institutionnel de la manifestation est d’autant plus significatif qu’il s’inscrit dans un environnement urbain doté d’infrastructures de premier plan, à l’instar du Pôle média de la Belle-de-Mai ou des studios de Saint-Menet, qui font de Marseille une ressource locale incontournable pour les professionnels du secteur. En favorisant ces premières œuvres, la Ville de Marseille et ses partenaires contribuent activement au renouvellement des écritures et à la structuration d’une filière qui pèse de plus en plus lourd dans l’économie régionale.

Pour cette édition 2026, le festival a choisi de mettre à l’honneur le cinéaste Jean-Baptiste Alazard, invité d’honneur de cette programmation annuelle. Ce choix souligne la volonté des organisateurs de proposer des parcours artistiques singuliers et engagés. Le calendrier prévoit notamment la projection du film Festa Major le 3 mars 2026 à vingt heures au cinéma Les Variétés, suivie d’un temps de rencontre avec le réalisateur. Le lendemain, le 4 mars à quatorze heures, le cinéma La Baleine accueillera une masterclass ouverte au public, une initiative de transmission directe qui sera complétée par la projection du long-métrage L’âge d’or. Ce format de rencontre-débat après chaque séance est la marque de fabrique du festival, transformant la simple diffusion en un véritable temps d’échange citoyen. En permettant au public marseillais de dialoguer avec des cinéastes venus du monde entier, la manifestation dépasse le cadre de la simple consommation culturelle pour devenir un espace de formation et d’éducation à l’image.

L’une des dimensions les plus remarquables de cette dix-septième édition réside dans son volet social et éducatif, qui s’étend au-delà des salles de projection traditionnelles. Le festival organise en effet des séances spécifiques destinées au public scolaire au sein de la Bibliothèque de l’Alcazar, ainsi qu’au cinéma La Baleine. Cette ouverture vers la jeunesse est cruciale pour le département, car elle participe à l’éveil du sens critique et à la découverte de la diversité culturelle. Parallèlement, le festival maintient une initiative particulièrement forte en organisant la projection des quinze films sélectionnés à la SAS Baumettes. Cette action, réalisée en partenariat avec l’association Lieux fictifs, permet de porter la culture cinématographique au sein de l’univers carcéral, affirmant ainsi que l’art est un droit universel qui doit pouvoir franchir tous les murs. Cet engagement en faveur de l’inclusion témoigne d’une vision de la politique culturelle qui refuse l’exclusion et mise sur la puissance réparatrice et libératrice du cinéma documentaire.

L’analyse de l’infrastructure de diffusion à Marseille révèle un soutien constant à ces initiatives, comme en témoigne la navigation principale des services municipaux dédiée aux tournages et à la diffusion cinématographique. Entre la charte des tournages, les aides financières et l’existence de pôles comme Provence Studios ou CinéMaBase, la ville s’est dotée d’outils performants pour accompagner toute la chaîne de valeur du film. Le festival La Première Fois profite de cet environnement favorable pour consolider son statut de rendez-vous incontournable de la rentrée culturelle printanière. Pour les habitants des Bouches-du-Rhône, cette semaine de mars représente une opportunité unique d’accéder à des œuvres souvent absentes des circuits de distribution commerciale classique. En garantissant un accès à une programmation internationale de haute qualité, le festival participe au rayonnement de la cité phocéenne tout en restant fidèle à ses principes fondateurs de dialogue et de partage. Les informations relatives à la programmation complète et aux modalités de participation sont accessibles sur le site officiel du festival et via les plateformes de communication de la mairie de Marseille, assurant ainsi une visibilité optimale à cet événement structurant pour la vie du département.