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Nanterre : une dernière visite de la préfecture

Par Assia Bedja
Publié le 15 septembre 2026 à 14h14 – Temps de lecture : 4 minutes

Les amateurs d’architecture et d’histoire ont rendez-vous dimanche 20 septembre à Nanterre. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, la préfecture des Hauts-de-Seine ouvre au public ses espaces les plus emblématiques, de 10h à 15h, au 167-177 avenue Joliot-Curie. L’événement prend cette année une saveur particulière : il s’agit de la dernière ouverture avant le départ des services, programmé en novembre. Les visites, guidées et gratuites, durent une heure environ et se tiennent uniquement sur réservation, le nombre de places étant limité. Mieux vaut donc s’y prendre à l’avance, la fréquentation attendue s’annonçant soutenue pour un rendez-vous appelé à ne pas se reproduire de sitôt. Le site se trouve à deux pas de la gare de Nanterre-Préfecture.
Né de la réorganisation administrative de la région parisienne, le département des Hauts-de-Seine, effectif au 1er janvier 1968, s’est doté d’un siège à sa mesure. Reconnaissable entre toutes, la tour de 113 mètres domine depuis lors le paysage nanterrien. Élevé entre 1967 et 1972, l’édifice a été inauguré le 31 janvier 1973 par Raymond Marcellin, alors ministre de l’Intérieur. On le doit à l’architecte André Wogenscky, élève et collaborateur de Le Corbusier, qui en fit un manifeste de l’architecture moderne. Cœur administratif du territoire, le bâtiment a surgi en même temps que le quartier d’affaires voisin, symbole d’un chef-lieu sorti de terre en quelques années. Plusieurs de ses espaces sont aujourd’hui inscrits au titre des monuments historiques, gage de leur valeur patrimoniale.
Le parcours de visite conduit dans le grand hall, l’ancien hémicycle du conseil départemental et la salle de réception Claude-Érignac, ponctués d’œuvres signées Victor Vasarely et Charlotte Perriand. L’intérieur porte la griffe de créateurs de premier plan : l’architecte d’intérieur Alain Richard en dessina les aménagements, tandis que le mobilier et le décor associent les noms d’André Maupoix, Marta Pan, Pierre Paulin et, de nouveau, Charlotte Perriand. Cet ensemble cohérent, rare pour un bâtiment public, fait de la préfecture une véritable vitrine du design des années 1970, que bien peu d’occasions permettent d’admirer de l’intérieur.
L’édifice n’en est pas à sa première ouverture au public. En 2023, son cinquantenaire avait donné lieu à un programme de conférences, d’expositions photographiques et de visites, tandis que les Archives départementales lui consacraient une exposition virtuelle retraçant le quartier avant la construction et les grandes étapes du chantier. Ce travail de mémoire prend un relief singulier au moment où le lieu s’apprête à changer de visage, et où les Journées invitent, partout en France, à redécouvrir des monuments que l’on croit connaître.
Car cette ouverture referme un chapitre. Les agents doivent rejoindre des locaux provisoires à partir de novembre, le temps d’un vaste chantier de transformation. Un nouveau bâtiment est attendu pour la fin 2027, tandis que la rénovation de la tour et de son socle doit s’achever à la mi-2029. L’édition 2026 des Journées se déroule sous le thème national consacré au patrimoine de la photographie, qui célèbre le bicentenaire des premières images fixées, et sous le mot d’ordre européen du « patrimoine en péril ». Après ce week-end, le public devra patienter plusieurs années avant de franchir de nouveau le seuil de la tour. Une dernière occasion, donc, de voir dans sa configuration actuelle l’un des symboles de l’architecture publique du département.