Une société niçoise a trompé des centaines de clients pendant plusieurs années. Son gérant vient d’être lourdement condamné par la justice.
Tout commençait par un argument séduisant : remplacer une vieille chaudière par une pompe à chaleur, en bénéficiant d’un crédit d’impôt. Des dizaines de particuliers ont cru à cette promesse. Pourtant, derrière ce discours commercial, une arnaque soigneusement organisée se cachait.
La société Almatys, domiciliée à Nice, a opéré sur une grande partie du territoire national entre 2014 et 2021. Elle proposait la vente et l’installation de chaudières, de pompes à chaleur ainsi que des contrats d’entretien. Ses commerciaux convainquaient les clients que les travaux seraient éligibles aux crédits d’impôt pour la transition écologique, voire totalement gratuits grâce à diverses aides financières. Or, ces affirmations étaient fausses.
Les plaintes ont rapidement afflué. En réponse, la Direction départementale de la protection des populations et le Service interdépartemental de police judiciaire des Alpes-Maritimes ont mené une enquête commune, sous l’autorité du parquet de Nice. Cette enquête a mis en lumière des pratiques frauduleuses sur plusieurs années.
Les enquêteurs ont ainsi établi qu’Almatys ne se contentait pas de mensonges sur les aides fiscales. Par ailleurs, la société réalisait certains travaux sans respecter les obligations légales en matière de garanties et de délivrance. En outre, elle proposait des solutions de financement qui empêchaient les consommateurs d’exercer leur droit de rétractation ou de recevoir une information correcte. Autant d’infractions graves qui ont conduit à une procédure judiciaire.
Au total, une centaine de victimes ont subi un préjudice estimé à plus de deux millions d’euros. Almatys a depuis fermé ses portes. Toutefois, une autre société, Nexatys, avait entre-temps récupéré les fonds issus d’Almatys. Les enquêteurs ont donc également mis cette entité en cause.
Le 18 février 2026, le gérant et la société Nexatys ont comparu devant le procureur de la République dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Les deux parties ont ainsi reconnu les faits qui leur étaient reprochés.
Le tribunal a condamné le gérant à une peine de deux ans d’emprisonnement. Dix-huit mois bénéficient d’un sursis probatoire de deux ans, assorti d’obligations strictes : travailler, indemniser les victimes et régler les sommes dues au Trésor public. De plus, il devra s’acquitter d’une amende de 50 000 euros. Enfin, le tribunal lui a interdit de gérer toute société pendant cinq ans, avec sursis.
Du côté de Nexatys, la sanction est également lourde. Le tribunal a infligé à la société une amende de 200 000 euros, dont 25 000 euros avec sursis. Par ailleurs, une enveloppe de 300 000 euros attend les parties civiles, c’est-à-dire les victimes directes de ces pratiques trompeuses.
Cette affaire illustre les dérives de certains acteurs du secteur de la rénovation énergétique, un domaine où les arnaques aux aides publiques restent fréquentes. Les autorités rappellent ainsi qu’il est indispensable de vérifier l’éligibilité réelle des travaux avant tout engagement contractuel.

