L’affaire soulève une immense émotion en région. Un homme de 47 ans, tout juste libéré après quinze ans de réclusion, est de nouveau accusé de viol. Les faits se sont déroulés dans la nuit de vendredi à samedi, à Aix-en-Provence. La victime, une étudiante de 19 ans, a subi une agression d’une extrême violence, sous la menace d’une arme.
Le parcours du suspect donne toute sa gravité à ce drame. En janvier 2013, la cour d’assises des Alpes-Maritimes l’avait déjà condamné pour des faits similaires. À l’époque, les juges avaient retenu enlèvement, séquestration, viol et agression sexuelle avec arme. Il avait alors écopé de dix-huit ans de réclusion.
Détenu depuis 2011, l’homme avait purgé une large partie de sa peine. Le 6 juin dernier, il retrouvait la liberté après quinze années derrière les barreaux. Ses six derniers mois s’étaient d’ailleurs déroulés en placement extérieur, sans le moindre incident. Une mesure de sûreté et un suivi socio-judiciaire encadraient par ailleurs sa sortie.
Un mois à peine après sa libération, le pire est survenu. Cette nuit-là, vers 1 heure, l’étudiante était sortie de sa résidence universitaire. La jeune femme cherchait simplement à fuir la chaleur étouffante de son logement. C’est alors qu’un homme l’a contrainte, sous la menace d’une arme, à monter dans son véhicule.
L’agresseur a ensuite conduit sa victime à plusieurs kilomètres de là. Là, à l’écart, il l’a violée avant de la relâcher. Malgré la terreur, la jeune femme a tenté d’alerter les secours. Depuis son portable, elle a en effet composé le 17, sans toutefois pouvoir parler.
Cet appel silencieux n’a pas suffi à la localiser à temps. En effet, malgré la mobilisation des équipes de nuit, les policiers n’ont pas retrouvé la voiture. La victime a néanmoins réussi, seule, à regagner son domicile. Sur place, des policiers l’attendaient déjà pour recueillir son témoignage.
Le sang-froid de l’étudiante a été déterminant pour la suite. En effet, elle a communiqué aux enquêteurs le numéro de plaque de son agresseur. Grâce à cette information précieuse, les forces de l’ordre ont pu l’interpeller rapidement. Dès sa première audition, l’homme a d’ailleurs reconnu les faits.
Désormais, la justice doit suivre son cours. Le suspect devait être présenté à un juge d’instruction dans la journée. À l’issue, le parquet d’Aix-en-Provence envisage une mise en examen pour enlèvement, séquestration et viols. Les menaces de mort et l’usage d’une arme figurent aussi parmi les charges retenues contre lui.
Cette qualification s’accompagne surtout d’une circonstance aggravante majeure. En effet, l’ensemble des faits serait commis en état de récidive légale. Un tel dossier relance donc le débat sur le suivi des sortants de prison à risque. En attendant, la jeune victime bénéficie d’un accompagnement médical et psychologique adapté.

