Depuis ce jeudi 2 avril 2026, les conducteurs de trottinettes électriques et d’autres engins de déplacement personnel motorisés doivent s’équiper d’un casque et d’un gilet rétroréfléchissant dans les Alpes-Maritimes. Le préfet Laurent Hottiaux a signé un arrêté qui rend ces équipements obligatoires pour tous les usagers du département. Cette mesure concerne non seulement les trottinettes électriques, mais aussi les gyropodes, les monoroues et les hoverboards.
Concrètement, tout conducteur doit porter un casque homologué, correctement attaché, ainsi qu’un gilet rétroréfléchissant pendant toute la durée de son trajet. Cette obligation s’applique de jour comme de nuit. Elle vaut dans toutes les communes du département, sans distinction entre zones urbaines et rurales. Les contrevenants risquent une amende de 35 euros.
Cependant, les autorités ont prévu une période de transition. Dans un premier temps, les forces de l’ordre vont privilégier la pédagogie. Elles sensibiliseront les usagers plutôt que de les verbaliser immédiatement, afin de leur laisser le temps de s’équiper. Une fois que l’information aura bien circulé, les policiers et les gendarmes pourront dresser des contraventions.
Cette décision préfectorale s’explique par une hausse brutale des accidents dans le département. En 2025, les sapeurs-pompiers des Alpes-Maritimes ont réalisé 710 interventions pour des accidents impliquant des EDPM. Deux ans plus tôt, ce chiffre atteignait seulement 468 interventions. La hausse atteint donc 51 % en deux ans à peine. Sur l’ensemble de l’année 2025, les secours intervenaient en moyenne deux fois par jour pour ce type d’accident. De plus, deux usagers ont perdu la vie cette même année. Depuis 2020, neuf décès liés aux EDPM ont endeuillé le département.
Le préfet justifie aussi ce choix par les particularités locales. Les Alpes-Maritimes comptent de nombreuses pistes cyclables qui facilitent la pratique. Par ailleurs, les embouteillages fréquents poussent de nombreux habitants à délaisser la voiture. Enfin, le relief vallonné incite à choisir un engin motorisé plutôt qu’un vélo classique. Tous ces éléments contribuent à un usage particulièrement répandu des EDPM sur le territoire.
Cette mesure dépasse ce que prévoit le code de la route au niveau national. Jusqu’à présent, la législation n’imposait le port du casque aux usagers d’EDPM que hors agglomération. Avec cet arrêté, le préfet étend donc cette obligation à l’ensemble du département, y compris en ville. La commune de Nice avait d’ailleurs anticipé ce mouvement. En octobre dernier, l’ancien maire Christian Estrosi avait pris un arrêté municipal similaire, valable jusqu’au 1er mars. Cette initiative avait produit des effets notables, avec une nette progression du nombre d’usagers portant un casque dans la ville.
Au-delà des nouvelles obligations, les autorités rappellent aussi les règles déjà en vigueur. Pour conduire un EDPM, il faut avoir au moins 14 ans et souscrire une assurance responsabilité civile. Chaque engin doit disposer de feux avant et arrière, de freins efficaces et de catadioptres. Un avertisseur sonore s’impose également. Les usagers ne peuvent ni dépasser les 25 km/h ni débrider leur engin. En agglomération, ils doivent emprunter les pistes cyclables lorsqu’elles existent. Sur les trottoirs, seule une autorisation municipale peut permettre leur passage, et seulement à allure réduite.
D’autres infractions peuvent entraîner des sanctions bien plus lourdes. Certaines amendes peuvent grimper jusqu’à 1 500 euros. Dans les cas les plus graves, les autorités peuvent également procéder à l’immobilisation ou à la confiscation de l’engin.

