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Un exercice de sécurité nucléaire organisé à Toulon les 1er et 2 avril

Par Jonathan Caron
Publié le 4 avril 2026 à 14h57 – Temps de lecture : 3 minutes

Vous avez peut-être été surpris, ce jeudi, en entendant les sirènes retentir ou en recevant une alerte sur votre téléphone portable. Il s’agissait d’un exercice de sécurité nucléaire organisé les 1er et 2 avril 2026 dans le port militaire de Toulon. Cet entraînement avait pour objectif de tester le plan particulier d’intervention qui serait mis en œuvre en cas d’événement radiologique sur la base navale.

Le jeudi 2 avril dans la matinée, toutes les personnes situées dans un rayon de cinq kilomètres autour de la base navale ont reçu un message FR-Alert sur leur téléphone mobile. Ce système d’alerte fonctionne même si le téléphone est en mode silencieux et permet de toucher immédiatement l’ensemble de la population présente dans une zone définie. Simultanément, les sirènes d’alerte ont retenti à Toulon, La Seyne-sur-Mer, Saint-Mandrier-sur-Mer et Ollioules. Ces dispositifs émettent un son modulé, montant et descendant, composé de trois séquences d’une minute et quarante-et-une secondes, séparées par des intervalles de cinq secondes. Un signal continu de trente secondes marque la fin de l’alerte.

L’exercice, organisé conjointement par la Marine nationale, le préfet du Var et l’Autorité de sûreté nucléaire de défense, répond à une obligation légale d’entraînement tous les cinq ans. Le dernier exercice similaire avait eu lieu en 2023.

Le scénario fictif, non connu des participants, simulait un accident majeur affectant la chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque basé en zone protégée Missiessy. Il s’agissait d’un scénario à cinétique lente, avec plus d’une dizaine d’heures entre l’incident initial et d’éventuels rejets dans l’atmosphère. Cette configuration permettait de tester la progressivité des réponses et la coordination entre les différents niveaux d’intervention.

Dans une logique d’anticipation, cet exercice a également permis de tester l’efficacité des dispositifs mis en place face à une situation évolutive. Les équipes ont ainsi évalué la gestion de crise à différents niveaux, depuis les interventions techniques au sein de la base navale jusqu’à la coordination des secours, la communication avec les autorités et la mise en œuvre de mesures de protection pour la population. Les dispositifs de gestion des déplacements et de régulation du trafic ont également été pris en compte dans l’exercice. Cette organisation a aussi permis de mesurer la capacité des services à adapter les réponses et à gérer les déplacements en fonction de l’évolution de la situation, dans des conditions proches du réel.

Au-delà de l’entraînement des professionnels, cet exercice constitue une occasion de rappeler à la population la conduite à tenir en cas d’alerte nucléaire. Il complète les entraînements d’état-major réalisés trois à quatre fois par an et s’inscrit dans une démarche de préparation continue aux situations d’urgence. Il vise à garantir la meilleure coordination possible entre les acteurs civils et militaires en cas d’événement radiologique sur le territoire.