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Le vélo pour renforcer l’attractivité touristique

Par Marc Blanc
Publié le 30 avril 2026 à 18h39 – Temps de lecture : 6 minutes

Le tourisme à vélo connaît en France une progression constante depuis plus d’une décennie, au point de s’imposer aujourd’hui comme un levier majeur du secteur touristique. Cette dynamique contribue largement à l’économie nationale et soutient, de manière plus globale, l’ensemble de la filière liée au cycle. Accessible à un large public, cette forme de tourisme permet d’explorer les territoires sous un angle différent, en mettant en valeur la diversité des paysages, la richesse du patrimoine et la singularité des cultures locales. Elle participe également à renforcer l’attractivité de nombreuses régions, en offrant des expériences à la fois immersives et respectueuses de l’environnement.

Si les grands itinéraires cyclables et les parcours d’itinérance bénéficient déjà d’une visibilité importante et d’un suivi structuré, d’autres formes de pratique restent encore insuffisamment mises en avant. C’est notamment le cas des séjours à vélo à vocation sportive, qu’il s’agisse de VTT, de gravel ou d’ascensions de cols, ainsi que des sorties ponctuelles organisées depuis un lieu d’hébergement touristique. Pourtant, ces pratiques constituent un potentiel significatif encore peu exploité, susceptible d’élargir l’offre et d’attirer de nouveaux publics en quête d’expériences variées.

Dans ce contexte, la Direction générale des Entreprises s’associe à France Vélo, représentant de la filière économique du secteur, ainsi qu’au Réseau vélo & marche, pour lancer un appel à manifestation d’intérêt intitulé « Destinations France à vélo ». Cette initiative vise à repérer et distinguer des territoires engagés dans le développement d’une offre cyclable diversifiée, couvrant un large éventail de pratiques, du vélo de loisir aux disciplines plus sportives. L’objectif est de sélectionner des destinations répondant à des exigences de qualité élevées afin de les promouvoir à l’échelle nationale et européenne, et ainsi renforcer le rayonnement de la France comme destination incontournable pour le tourisme à vélo.

Les territoires candidats seront évalués selon un référentiel construit en concertation avec les professionnels du secteur. Cette sélection poursuit plusieurs ambitions complémentaires. Il s’agit d’abord de faire émerger des sites remarquables, parfois encore méconnus, qui se distinguent par leur identité et leur potentiel en matière de tourisme cyclable. L’initiative entend également refléter la diversité des pratiques et des publics en valorisant des offres adaptées à différents profils, qu’il s’agisse de cyclistes occasionnels, d’amateurs de sensations sportives ou de passionnés de disciplines spécifiques comme le BMX ou le gravel, en version classique ou électrique.

Par ailleurs, une attention particulière est portée à la qualité globale des destinations retenues, afin de garantir un niveau d’excellence compatible avec une promotion à l’international, notamment auprès des marchés européens de proximité. Enfin, cet appel à manifestation d’intérêt vise aussi à mettre en lumière les dimensions culturelles, sportives et industrielles liées au vélo en France, illustrant ainsi le dynamisme et la capacité d’innovation de cette filière.

Pour l’édition 2026, le dispositif prévoit de retenir environ une trentaine de territoires, avec une volonté d’assurer une représentation équilibrée sur l’ensemble du territoire national. Les candidatures peuvent émaner de communes, de regroupements intercommunaux, de syndicats mixtes ou encore de parcs naturels, témoignant de la diversité des acteurs impliqués dans le développement du tourisme à vélo.

Les territoires sélectionnés bénéficieront d’une mise en avant pendant une période de deux ans. Cette valorisation prendra différentes formes, incluant notamment une promotion institutionnelle portée par le ministère en charge du Tourisme et par Atout France, afin de renforcer leur visibilité auprès des publics français et européens. Les lauréats disposeront également d’outils de communication dédiés pour mieux faire connaître leurs atouts, tout en intégrant un réseau permettant les échanges d’expériences et le partage de bonnes pratiques. Cette dynamique collective facilitera également la mise en relation avec des partenaires privés susceptibles de contribuer au développement de services adaptés aux cyclotouristes, comme la location de vélos ou d’équipements spécialisés.

Les porteurs de projet ont jusqu’au 31 juillet à 23 h 59 pour déposer leur candidature via les plateformes numériques officielles dédiées aux démarches administratives ainsi que sur le site de la Direction générale des Entreprises.

À l’occasion de ce lancement, le ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a souligné que le tourisme à vélo s’inscrivait pleinement dans une stratégie de développement durable, accessible et ancrée dans les territoires. Il a mis en avant la volonté de révéler toute la richesse des pratiques cyclables en France, au-delà des parcours déjà identifiés, et de saisir cette opportunité pour soutenir à la fois les territoires et la filière économique du vélo, tout en renforçant l’attractivité du pays à l’échelle européenne.

De son côté, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a insisté sur l’importance de cet appel à manifestation d’intérêt pour accompagner les initiatives locales en faveur du tourisme à vélo. Il a rappelé que cette démarche répond à une attente croissante des élus, des professionnels du secteur, mais aussi des habitants et des visiteurs, tous soucieux de concilier développement économique et préservation du cadre de vie. Cette initiative s’inscrit également dans une orientation plus large des politiques publiques, notamment à travers le projet de loi-cadre sur le développement des transports récemment adopté au Sénat, qui vise à faciliter la réalisation d’infrastructures cyclables par les collectivités. Dans un contexte marqué par la nécessité d’accélérer la transition vers des mobilités moins dépendantes des énergies fossiles, le soutien aux déplacements actifs et décarbonés apparaît plus que jamais comme une priorité.