Le Gouvernement vient de valider un nouvel ensemble de soutiens destinés à revitaliser le commerce en milieu rural, avec la sélection de 59 nouveaux projets retenus au titre du fonds de soutien au commerce rural pour un montant total de 1,4 million d’euros. Cette annonce, portée par Serge Papin, ministre chargé des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, et par Michel Fournier, ministre délégué chargé de la Ruralité, intervient dans le prolongement du plan de reconquête du commerce rural mis en place en 2023.
L’objectif de ce dispositif est de répondre concrètement à l’érosion de l’offre commerciale dans de nombreuses communes rurales. Les aides financières visent à faciliter l’ouverture, la reprise ou la modernisation de commerces sédentaires multiservices, mais aussi le développement d’activités non sédentaires à caractère mobile, capables de desservir plusieurs villages. Parmi les projets soutenus figurent notamment des épiceries de village, des boucheries, des cafés‑multiservices ou des commerces ambulants, conçus pour répondre à des besoins de proximité immédiate, notamment alimentaire ou de première nécessité.
Les 59 lauréats retenus proviennent d’une diversité de porteurs : associations, entreprises privées et collectivités locales, ce qui montre la multiplicité des acteurs engagés dans la relance des commerces de proximité. Ils se répartissent dans 12 des 13 régions métropolitaines, avec une forte présence dans plusieurs grandes aires rurales, comme la Nouvelle‑Aquitaine, le Centre‑Val de Loire ou la Bourgogne‑Franche‑Comté. Un tiers environ de ces projets est situé dans des zones France Ruralités Revitalisation, un dispositif national visant à renforcer l’attractivité et la dynamique de territoires ruraux en difficulté.
Le contexte de cette mesure est marqué par une forte déprise commerciale dans les zones peu denses. Selon les derniers chiffres, plus de 60 % des communes françaises ne disposent d’aucun commerce de détail, ce qui représente plus de 21 000 localités, dont la quasi‑totalité se situe en milieu rural. À l’inverse, on comptait à peine 25 % de communes dans cette situation en 1980, ce qui illustre la progression rapide de cette tendance au fil des décennies. Face à ce constat, le Gouvernement a mis en place un plan structuré pour soutenir, en zone rurale, la création, la reprise ou la remise à niveau de commerces multiservices là où l’offre est déficiente.
Depuis le lancement du fonds de soutien au commerce rural, doté au total de 19 millions d’euros, plus de 1 000 communes ont déjà bénéficié d’un accompagnement, représentant près de 900 000 habitants ruraux concernés à différents degrés. Parmi les projets financés, environ un quart concerne des communes labellisées Villages d’Avenir, signe que ce dispositif s’articule étroitement avec d’autres politiques de revitalisation des petites communes. Les aides accordées portent sur des dépenses d’investissement, comme l’acquisition de locaux, le réaménagement de points de vente ou l’équipement de commerces itinérants, afin de garantir la viabilité économique de ces nouveaux services.
Serge Papin a souligné qu’une conviction guide ces choix : aucun territoire, même le plus rural, ne doit se retrouver sans solution de proximité pour accéder aux biens de base ou à des services de qualité de vie. Selon lui, soutenir ces projets, c’est donner aux communes rurales des moyens concrets pour préserver des services essentiels, renforcer leur attractivité et maintenir le lien social qui se tisse au quotidien autour des commerces et des artisans. Michel Fournier, quant à lui, a mis en avant la dimension territoriale de l’action, en rappelant que le fonds de soutien au commerce rural s’inscrit dans une logique d’intervention au plus près des besoins des habitants, afin de renforcer la vitalité des centres‑bourgs et de soutenir des initiatives locales qui participent à la cohésion des territoires ruraux.

