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L’avenir de la liaison Fos-Salon

Par Marcel Grenay
Publié le 13 juin 2026 à 18h54 – Temps de lecture : 5 minutes

Le projet d’infrastructure routière visant à relier Fos-sur-Mer à Salon-de-Provence franchit une étape décisive avec l’ouverture d’une nouvelle phase de consultation citoyenne. Cet aménagement de la RN569, dont l’importance est capitale pour l’économie du département, a pour objectif de fluidifier un axe saturé reliant le Grand Port maritime de Marseille-Fos au réseau autoroutier de l’A54. Face à un trafic de poids lourds particulièrement intense et une congestion documentée depuis plusieurs décennies, la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Dreal Paca, organise un dialogue avec le public du 15 juin au 15 juillet 2026. Cette concertation intervient dans un contexte de réaménagement global de cet itinéraire de vingt-cinq kilomètres qui traverse les territoires de Fos-sur-Mer, Istres, Miramas, Grans et Salon-de-Provence, concernant ainsi une population de plus de 150 000 habitants dans l’ouest des Bouches-du-Rhône.

Le dispositif mis en place par la préfecture des Bouches-du-Rhône permet aux citoyens de s’exprimer sur deux volets fondamentaux du projet : le choix des tracés préférentiels et les modalités de financement. Pour faciliter cette participation, un registre numérique est accessible dès le 15 juin sur le site officiel dédié, tandis que le dossier complet peut être consulté physiquement dans les mairies des communes concernées. Le projet est découpé en trois sections géographiques distinctes, chacune présentant des enjeux spécifiques de sécurité et d’insertion urbaine. La section nord s’étend de l’autoroute A54 jusqu’aux secteurs de Toupiguières et Grans. La section centrale fait le lien entre Toupiguières et le quartier de Rassuen à Istres, tandis que la section sud assure la jonction entre Rassuen et le secteur de la Fossette à Fos-sur-Mer.

C’est précisément sur cette portion méridionale que se concentrent les réflexions les plus complexes, plusieurs variantes étant encore à l’étude sans qu’aucune ne soit privilégiée à ce jour. Les autorités étudient trois configurations majeures pour contourner la ville de Fos-sur-Mer : l’utilisation de voies portuaires existantes, un aménagement sur place de l’actuelle RN568, ou la création du barreau des étangs. Ce choix est d’autant plus stratégique qu’il aura des conséquences directes sur la desserte de la zone industrialo-portuaire de Fos, l’une des plus vastes d’Europe méridionale. En parallèle, un protocole de plus de 210 millions d’euros a déjà été acté en juin 2025 pour moderniser les accès à cette zone, avec notamment l’aménagement des giratoires de la Fossette et de Toupiguières prévu pour 2030.

Sur le plan financier, l’investissement total pour la liaison complète est estimé dans une fourchette allant de 300 à 500 millions d’euros, selon les options de tracé qui seront finalement retenues. Pour éclairer cette décision, une étude approfondie a été confiée à FinInfra afin d’analyser trois pistes de financement possibles. Les élus et le public doivent ainsi se prononcer sur l’opportunité d’un financement public classique basé sur une fiscalité affectée, sur la mise en place d’une éco-contribution, ou sur le recours à une concession, qui pourrait prendre la forme d’un adossement à un réseau concessionnaire déjà existant. Cette réflexion sur le modèle économique est l’un des piliers de la concertation actuelle, aucune décision n’ayant été arrêtée avant de recueillir l’avis des acteurs locaux.

Ce projet s’inscrit dans un processus administratif de longue haleine entamé dès 2019 par un débat public. En juin 2021, une décision officielle a validé le principe d’un aménagement en deux fois deux voies avec des échangeurs dénivelés pour moderniser la RN569. Si cette nouvelle phase de concertation intervient seulement en juin 2026, c’est en raison d’une décision stratégique prise par le comité des élus sous la présidence du préfet de région en octobre 2025. Il avait alors été jugé nécessaire de décaler ces échanges avec le public après les élections municipales de mars 2026 afin d’éviter que le débat technique sur l’infrastructure ne soit parasité par les enjeux électoraux locaux.

Pour accompagner cette démarche de concertation continue pilotée par la Dreal, un calendrier de rencontres publiques a été établi afin de favoriser les échanges directs avec les riverains et les acteurs économiques. Une réunion d’ouverture est programmée le 22 juin 2026 à Miramas. Elle sera suivie de trois ateliers thématiques délocalisés pour aborder les spécificités de chaque tronçon : le 1er juillet à Entressen pour la section centrale, le 7 juillet à Grans pour la section nord, et enfin le 8 juillet à Fos-sur-Mer pour la section sud. Ces rendez-vous visent à recueillir les observations concrètes sur l’impact environnemental et l’insertion industrielle du projet, commune par commune.

À la clôture de cette période de consultation le 15 juillet 2026, les services de l’État devront réaliser une synthèse exhaustive des contributions reçues. Ce bilan sera ensuite présenté au comité des élus pour orienter les choix définitifs. L’aboutissement de cette procédure est fixé à l’horizon 2028, date visée pour l’obtention de la déclaration d’utilité publique. Ce projet routier d’envergure reste ainsi une priorité pour le développement de la métropole marseillaise, s’inscrivant dans un agenda de grands chantiers destinés à moderniser durablement la mobilité et la sécurité au sein du département des Bouches-du-Rhône. Chaque avis exprimé durant ce mois de concertation contribuera à définir un tracé équilibré, respectueux des contraintes environnementales et répondant aux besoins de performance de la zone portuaire.