À l’approche de l’été, la question de l’accès aux espaces naturels se pose dans tout le Var, département où la forêt méditerranéenne côtoie une fréquentation touristique intense et une exposition au risque d’incendie parmi les plus fortes de France. Pour permettre à chacun de savoir, jour après jour, où il peut se promener en toute sécurité, les services de l’État proposent une carte d’accès aux massifs, mise à jour quotidiennement et consultable en ligne. Réactualisée le 8 juin 2026, cette carte couvre les neuf massifs forestiers du département et accompagne les Varois comme les visiteurs durant toute la période sensible, de la mi-juin à la fin du mois de septembre.
Le principe de l’outil repose sur une actualisation quotidienne. Chaque jour avant dix-neuf heures, la carte est mise à jour pour indiquer les conditions d’accès du lendemain. Cette anticipation est précieuse, car elle permet de préparer une randonnée, une sortie en famille ou une excursion en VTT la veille au soir, sans risquer de se heurter à une interdiction une fois sur place. Le dispositif encadre la pénétration, la circulation et le stationnement sur certaines voies pendant l’été, autant de paramètres qui peuvent évoluer d’un jour à l’autre en fonction des conditions météorologiques et de l’état de sécheresse de la végétation.
Pour comprendre la logique de ces restrictions, il faut avoir en tête le mécanisme du risque incendie. Chaque jour, les autorités évaluent le danger en s’appuyant sur des critères tels que la sécheresse des sols, la force du vent, la température et l’hygrométrie. De cette évaluation découle un niveau de risque qui conditionne l’ouverture ou la fermeture des massifs. Deux seuils sont particulièrement déterminants pour les usagers, le niveau très sévère et le niveau extrême. Plus le risque grimpe, plus les restrictions se durcissent, jusqu’à la fermeture totale des massifs les jours où la moindre étincelle pourrait dégénérer en sinistre incontrôlable.
Une catégorie d’espaces bénéficie toutefois d’un régime particulier, les zones d’accueil du public en forêt, désignées sous le sigle ZAPEF. Ces secteurs aménagés et surveillés font l’objet d’une dérogation qui autorise leur fréquentation même les jours classés en risque très sévère, alors que le reste des massifs est alors fermé. Cette tolérance s’arrête néanmoins net dès lors que le risque atteint le niveau extrême, jour où l’ensemble des espaces, ZAPEF comprises, devient inaccessible. Ce système à deux vitesses permet de préserver un accès encadré à la nature tant que les conditions le permettent, tout en coupant court à toute présence humaine lorsque le danger devient maximal.
Certaines interdictions, enfin, ne dépendent pas du niveau de risque du jour. Les voies signalées par un panneau B0 demeurent fermées à la circulation quel que soit le niveau de risque, durant toute la saison. Cette règle permanente vise les axes les plus exposés ou les plus difficiles d’accès pour les secours, sur lesquels la présence de véhicules constituerait un facteur de danger constant, aussi bien pour les promeneurs que pour les équipes de lutte contre le feu qui doivent pouvoir intervenir sans entrave.
Ce dispositif d’accès s’inscrit dans un cadre réglementaire stabilisé depuis plusieurs années. Il découle d’arrêtés préfectoraux pris le 19 juin 2018, modifiés à deux reprises, le 10 juillet 2020 puis le 24 juillet 2023, au fil de l’expérience acquise et de l’évolution des connaissances en matière de prévention. La carte d’accès n’est donc pas une mesure ponctuelle, mais l’application concrète d’une politique publique de protection de la forêt et des personnes, ajustée régulièrement pour rester adaptée à la réalité du terrain.
Au-delà de la consultation quotidienne de la carte, les services de l’État rappellent que la prévention repose aussi sur le comportement de chacun. Le respect des obligations légales de débroussaillement autour des habitations, la vigilance face à l’usage du feu et la connaissance des règles disponibles sur le site dédié à la prévention des incendies de forêt complètent utilement le dispositif. Pour les habitants comme pour les vacanciers, prendre le réflexe de vérifier la couleur du jour avant de partir en forêt est un geste simple qui contribue directement à préserver un patrimoine naturel fragile et à protéger les vies, dans un département où l’été rime chaque année avec mobilisation générale contre le feu.

