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Sceaux : le château déroule les fastes de l’Empire

Par Gilbert Caron
Publié le 24 juin 2026 à 16h34 – Temps de lecture : 4 minutes

Joyau du sud des Hauts-de-Seine, le domaine départemental de Sceaux et son parc dessiné dans l’esprit de Le Nôtre comptent parmi les plus beaux écrins de verdure de la métropole. Cet été, le château-musée y ajoute une raison supplémentaire de flâner : une exposition consacrée au mobilier impérial, tandis que le parc se met, lui, à l’heure des guinguettes. Patrimoine raffiné et détente populaire s’y répondent, à quelques minutes seulement de Paris.
Au cœur de la saison, le château de Sceaux, musée départemental, présente du 5 juin au 26 juillet l’exposition « Un mobilier d’exception : Caroline Murat au château de Neuilly ». Le musée y dévoile un ensemble remarquable de meubles ayant appartenu à Caroline Murat, sœur de Napoléon et reine de Naples, conçu pour orner sa résidence du château de Neuilly.
Élégante demeure des bords de Seine, acquise au début du XIXe siècle, le château de Neuilly fut réputé pour la qualité de son décor et de ses collections. C’est cet art de vivre que l’exposition s’attache à faire revivre, à travers un mobilier d’apparat qui témoigne du goût d’une époque et du statut de sa propriétaire, figure féminine de premier plan de la galaxie napoléonienne.
Parmi les pièces présentées, plusieurs chefs-d’œuvre signés des frères Jacob, ébénistes de renom, dont une chaise et un lit qui illustrent la délicatesse du style Consulat. Meubles, portraits et œuvres graphiques composent un parcours soigné, où chaque objet raconte un fragment d’histoire. L’occasion, rare, d’approcher d’aussi près des pièces qui dormaient parfois dans les réserves du musée.
Car l’exposition lève aussi le voile sur les coulisses du travail muséal. Dans le cadre de son rendez-vous annuel « Au cœur des collections », le château de Sceaux donne à voir l’envers du décor : la conservation, l’étude et la valorisation d’un patrimoine fragile, ce travail patient et discret qui permet à ces trésors de traverser les siècles et d’être présentés au public dans les meilleures conditions.
Le propos s’inscrit dans une saison plus large placée sous le signe de « l’Empire au féminin ». Mi-juin, la quinzième édition des Grandes Heures de Sceaux a déjà donné le ton avec un week-end culturel et festif consacré aux figures féminines de cette période. De la grande Histoire aux destins individuels, le domaine met ainsi en lumière le rôle, longtemps minoré, des femmes dans une époque que l’on réduit trop souvent à ses seuls hommes d’État.
Mais Sceaux ne se visite pas qu’à l’intérieur. Jusqu’au 26 septembre, le jardin de la Ménagerie accueille les Guinguettes de Sceaux, de 17h à 22 h 30. Musique, jeux et ambiance bon enfant y prolongent la tradition des bords de l’eau franciliens et offrent, à la sortie du musée, une parenthèse conviviale et rafraîchissante. De quoi composer une sortie complète, mêlant culture savante et plaisir simple d’un verre entre amis sous les arbres.
Il faut dire que le cadre s’y prête. Vaste domaine classé, Sceaux déploie ses perspectives, ses bassins et ses bosquets sur plusieurs dizaines d’hectares, entre grandes pelouses, cascades et Grand Canal. Lieu de promenade prisé des Altoséquanais comme des Parisiens, il offre, aux beaux jours, un précieux îlot de fraîcheur et de verdure. Joggeurs, familles et amateurs d’architecture s’y croisent au fil des allées, avant ou après la visite du musée. Cette alliance d’un parc à la française et d’un château-musée fait du site un condensé de ce que le département défend sous le nom de Vallée de la culture.
Facilement accessible en transports, le domaine de Sceaux confirme ainsi sa vocation de lieu de vie autant que de mémoire. Entre la majesté d’un mobilier impérial et la légèreté d’une guinguette estivale, il invite, cet été, à conjuguer les plaisirs – et rappelle que la Vallée de la culture des Hauts-de-Seine n’a rien à envier aux grands rendez-vous parisiens.