Il flotte à Montreuil un air de fête depuis le début de l’été. Concerts gratuits, expositions, festivals d’amateurs : la ville la plus peuplée de Seine-Saint-Denis a fait du mois de juin un véritable temps fort culturel, avec, en point d’orgue, un week-end géant au parc Montreau qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes. Tour d’horizon d’une saison qui ne fait que commencer.
Le grand rendez-vous, c’est le « Week-end de ouf », dont la troisième édition s’est tenue les 20 et 21 juin au parc Montreau. Entièrement gratuite et ouverte à tous les âges, la manifestation a réuni jusqu’à 25 000 personnes autour de concerts, d’animations et de cultures urbaines. Deux jours durant, le grand parc montreuillois s’est transformé en une vaste scène à ciel ouvert, dans une ambiance populaire et bon enfant.
La première journée, samedi, a pris la forme de la traditionnelle fête de la ville. Dès 13 h 30, le public a pu profiter d’animations, d’un village associatif réunissant quelque 80 structures, d’un espace dédié aux enfants, de stands de restauration et de concerts répartis sur cinq scènes. La soirée s’est achevée en apothéose avec un concert de Keziah Jones, suivi d’un feu d’artifice tiré aux alentours de 23 h 45, sous les yeux d’une foule conquise.
Le dimanche a été consacré au festival des cultures urbaines. Au programme : un village sport et une succession d’artistes de rap tout au long de l’après-midi, jusqu’à la tête d’affiche, le rappeur Kalash, attendu sur scène en début de soirée pour défendre son septième album, « Ex-Voto ». Une programmation taillée pour une ville jeune, où les cultures urbaines occupent une place centrale dans la vie artistique.
Le « Week-end de ouf » illustre une certaine idée de la fête : gratuite, accessible et rassembleuse. En réunissant familles, associations et amateurs de musique dans un même lieu, l’événement renforce le lien entre des habitants venus de tous les quartiers, et offre une image de Montreuil à rebours des clichés : celle d’une ville créative, solidaire et fière de sa diversité.
Mais la programmation de juin ne s’arrête pas à ce week-end. Jusqu’au 18 juillet, le festival Déton(n)ants amateurs met à l’honneur les talents non professionnels de la ville, à travers des spectacles présentés dans divers lieux. Théâtre, danse, musique : l’initiative valorise la pratique artistique pour tous et confirme l’ancrage d’une culture vivante, faite par les habitants autant que pour eux.
Côté patrimoine, le Musée de l’histoire vivante propose jusqu’au 31 juillet l’exposition « Couleurs, histoire du travail et des luttes » (entrée à cinq euros). Dans une ville à la forte tradition ouvrière et militante, ce regard sur le monde du travail et les combats sociaux résonne particulièrement, rappelant que la fête n’exclut pas la mémoire ni la réflexion sur le passé collectif.
Cette effervescence n’est pas un hasard. Montreuil cultive de longue date une réputation de ville d’artistes et de création, des nombreux ateliers de plasticiens au célèbre cinéma associatif Le Méliès, l’une des plus grandes salles art et essai d’Europe. Portée par un tissu associatif particulièrement dense, sa vie culturelle compte parmi les plus riches du Nord-est francilien. Les rendez-vous de juin ne sont, à cet égard, que la partie la plus visible d’une activité qui se déploie tout au long de l’année, et qui contribue à l’identité singulière de la commune.
Avant de tourner la page de juin, les Montreuillois pourront encore pousser la porte de la 24e compagnie de sapeurs-pompiers, qui ouvre sa caserne au public le 27 juin. De la grande scène du parc Montreau aux coulisses des secours, la ville aura ainsi décliné toutes les formes de rendez-vous populaires — preuve, s’il en fallait, qu’à Montreuil, l’été se vit dehors et ensemble.
Montreuil : juin en fête
Par Gilbert Caron
Publié le 27 juin 2026 à 09h08 – Temps de lecture : 4 minutes
