Ce mardi 23 juin, la place Rossetti retenait son souffle. D’abord, les cloches de la cathédrale Sainte-Réparate sonnaient au ralenti. À quatorze heures précises, une foule immense se rassemblait dans le silence le plus total. Le Vieux-Nice disait au revoir à l’un de ses enfants, et le ballon rond pleurait l’un de ses plus grands rassembleurs.
En effet, Éric Roy s’est éteint le 17 juin, à 58 ans. Pendant trois ans et demi, il avait livré un combat acharné contre un cancer du pancréas. Une semaine plus tôt, l’annonce de sa disparition avait provoqué une véritable onde de choc. Sa ville, d’abord, puis le football tricolore tout entier accusaient le coup.
Joueur, entraîneur, directeur sportif ou responsable marketing : Éric Roy avait tout connu dans ce sport. Et partout, il avait su fédérer les hommes autour de lui. Il suffisait d’ailleurs d’observer l’assemblée réunie ce mardi pour s’en convaincre. Ainsi, anciens coéquipiers, dirigeants, amis et figures majeures du football venaient lui rendre un ultime hommage.
Parmi les visages présents, on remarquait une délégation venue de Brest. En effet, le club breton, que Roy entraînait jusqu’à ses derniers jours, tenait à accompagner son technicien. Niçois et Brestois se retrouvaient ainsi côte à côte, unis par la même émotion.
Soudain, au beau milieu de la cérémonie, l’orgue de la cathédrale fit résonner l’hymne de la Ligue des champions. La mélodie, familière à tous les amoureux du football, traversa la nef. Aussitôt, les visages marqués par la peine se sont un peu apaisés. Ce moment suspendu restera sans doute gravé dans les mémoires.
Tout au long de l’office, les témoignages se sont succédé. Chacun évoquait l’homme autant que le professionnel. En particulier, ses proches saluaient sa générosité, son sens du collectif et sa fidélité en amitié. Plusieurs intervenants rappelaient aussi son humour, sa franchise et cette énergie communicative qui marquait quiconque croisait son chemin. « Tout ce qui a été dit durant la cérémonie résume parfaitement l’entraîneur et l’homme », confiait un participant ému.
Le parcours d’Éric Roy raconte à lui seul une grande histoire d’amour avec son sport. Né à Nice, il avait porté les couleurs du GYM avant d’embrasser une carrière internationale comme milieu de terrain. Puis il était revenu vers son club formateur, occupant les fonctions de directeur sportif. Plus tard, le banc de touche l’avait rappelé, d’abord à Lens, ensuite à Brest.
À la tête des Bretons, il avait écrit l’une des plus belles pages du club. Par ailleurs, sous sa direction, l’équipe avait décroché une qualification européenne historique. Voilà pourquoi cet hymne, résonnant sous les voûtes niçoises, prenait une dimension si particulière.
Ce mardi, donc, deux villes et toute une famille du ballon rond pleuraient le même homme. Le temps, un instant, semblait s’être arrêté. Puis, lentement, la foule s’est dispersée, emportant avec elle le souvenir d’un rassembleur hors du commun.

