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Santé : une cellule contre la maltraitance des mineurs

Par Assia Bedja
Publié le 16 juillet 2026 à 12h42 – Temps de lecture : 4 minutes

Le Centre hospitalier Sud-Francilien, installé à cheval sur Corbeil-Essonnes et Évry-Courcouronnes, a annoncé fin juin l’installation d’une cellule départementale de veille et de suivi consacrée à la maltraitance des mineurs. Portée à la connaissance du public le 29 juin, cette initiative traduit la volonté de l’établissement de mieux coordonner le repérage et l’accompagnement des enfants exposés à des violences. Elle vient compléter un dispositif hospitalier déjà tourné vers la protection de l’enfance, dans un département où l’hôpital public assure la couverture sanitaire d’un bassin de population très large.
L’établissement est en effet le premier hôpital d’Île-de-France en dehors des structures parisiennes par son volume d’activité. Il dessert un territoire qui déborde les seules limites de l’Essonne, en prenant en charge des patients venus du sud de la Seine-et-Marne et du sud-est du Val-de-Marne. À cette échelle, la question du repérage des enfants en danger dépasse le cadre d’un service unique et suppose une organisation transversale, capable de relier les urgences, la pédiatrie, la psychiatrie et les services sociaux.
La démarche s’inscrit dans le prolongement d’une unité déjà bien identifiée au sein de l’hôpital : l’Unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger. Cette structure reçoit des mineurs de la naissance à dix-huit ans, adressés par des professionnels de santé, des travailleurs sociaux ou l’autorité judiciaire. Elle s’adresse aux enfants victimes ou en risque de négligences, de mauvais traitements ou de violences, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles, ainsi qu’aux jeunes co-victimes de violences au sein de la famille.
Cette unité repose sur une équipe pluridisciplinaire réunissant médecins, personnels infirmiers, psychologues et médecins légistes. Le lieu a été pensé pour éviter à l’enfant d’avoir à répéter son récit devant de multiples interlocuteurs. L’audition, menée par un enquêteur formé, est filmée et enregistrée afin d’être exploitable dans le cadre de la procédure, tandis que des examens médicaux et un temps d’écoute psychologique peuvent être proposés selon les besoins. L’objectif est de recueillir la parole du mineur dans un cadre protecteur, à distance de l’univers judiciaire classique.
L’installation d’une cellule de veille et de suivi vient s’ajouter à cet édifice. Sa vocation est de suivre dans la durée les situations signalées et de fluidifier les échanges entre les professionnels concernés, afin qu’un enfant repéré ne se perde pas entre les mailles de dispositifs distincts. Le suivi de ces situations mobilise habituellement, autour de l’hôpital, les services de l’aide sociale à l’enfance, la justice et les forces de sécurité, chacun intervenant selon ses compétences propres.
Cette annonce intervient dans un contexte où la lutte contre les violences faites aux enfants figure parmi les priorités affichées des pouvoirs publics. Les textes en vigueur prévoient que toute information préoccupante concernant un mineur soit évaluée par une équipe pluridisciplinaire, les situations de danger grave et immédiat pouvant être transmises à l’autorité judiciaire. L’hôpital constitue souvent un point de passage décisif, car c’est parfois à l’occasion d’une consultation ou d’un passage aux urgences que des signes de maltraitance sont détectés.
Pour les familles et les professionnels du territoire, l’intérêt d’une telle organisation tient à sa lisibilité. Disposer d’un interlocuteur hospitalier clairement identifié doit permettre d’orienter plus vite un enfant, de sécuriser le recueil de sa parole et d’assurer une continuité entre le soin et la protection. Le repérage précoce est régulièrement présenté comme un levier essentiel pour interrompre des situations de violence avant qu’elles ne s’aggravent.