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Nanterre : jardin des Papeteries

Par Renaud Morelli
Publié le 29 juillet 2026 à 09h16 – Temps de lecture : 4 minutes

Le Département des Hauts-de-Seine a inauguré, le 3 juillet dernier, la seconde tranche du jardin des Papeteries, à Nanterre. Georges Siffredi, président du Département, a procédé à cette ouverture en présence de Raphaël Adam, maire de Nanterre, de Stéphanie Marivain, sous-préfète des Hauts-de-Seine, ainsi que des conseillers départementaux Patrick Jarry et Laureen Genthon.
Le nouvel espace occupe l’emplacement des anciennes Papeteries de la Seine, dont l’activité industrielle a cessé en 2011. Il s’intègre au parc départemental du Chemin de l’île, né en 2006 sur une friche plus ancienne. Une première tranche, une coulée verte reliant le quartier République à la Seine et conservant des vestiges des ponts roulants de l’usine, avait déjà été ouverte fin 2023.
Cette seconde tranche porte l’ensemble à 3,8 hectares, dont 2,2 hectares aménagés sur l’ancienne emprise industrielle, et 1,6 hectare provisoirement réaménagé dès 2012. Les deux segments, reliés par de nouvelles allées, complètent un parc pensé comme un tout continu jusqu’à la Seine.
Le jardin conserve la mémoire du site à travers son choix de plantations. Des arbustes dits « papyrifères » y sont regroupés en îlots le long du parcours, sans se signaler au premier regard à un promeneur non averti. « Nous avons retenu des plantes qui ont servi à faire du papier pour faire un clin d’œil à l’histoire du site », explique Éric Goulouzelle, directeur des parcs, des paysages et de l’environnement au Département, citant le betula papyrifera, dont l’écorce se desquame et que les Indiens d’Amérique utilisaient comme support d’écriture, ou le tetrapanax papyrifera, originaire du sud de la Chine, avec lequel on confectionnait autrefois des rouleaux de papier.
Le relief du terrain a également été mis à profit. Une ancienne butte a été transformée en belvédère donnant sur la Seine, tandis que la dépression laissée par les silos décanteurs de l’usine accueille désormais mares et prairies humides favorables à la biodiversité. « L’eau est le fil conducteur de ce parc donnant sur la Seine. Elle est puisée dans le fleuve, mise en scène dans des bassins filtrants successifs avant de rejoindre le contre-fossé et d’arroser le parc », explique-t-on au Département, où l’on précise qu’un système de remontée de nappe contribue également à alimenter les mares. Une prairie centrale doit encore se développer, le temps que l’herbe y pousse.
Pour le maire de Nanterre, ce nouvel espace dépasse le simple agrément paysager. « Ce jardin n’est pas un supplément d’âme mais un outil, chaque mètre carré de pleine terre est une réponse au dérèglement climatique », a estimé Raphaël Adam lors de l’inauguration.
Au bas du jardin, le bâtiment des Pompes, qui puisait autrefois l’eau de Seine pour l’usine, reste fermé au public. Selon Éric Goulouzelle, cet ensemble de bâtiments d’époques différentes, dont le plus ancien est doté d’une verrière, fait l’objet d’études complémentaires en vue d’une conservation partielle. En attendant, des panneaux réalisés par la Société d’histoire de Nanterre retracent, sur les palissades du site, l’histoire des Papeteries.
Le projet a bénéficié d’une subvention de l’État au titre du Fonds vert, couvrant 80 % du coût des travaux de cette nouvelle tranche. Il s’inscrit dans le bilan de la Stratégie nature 2021-2025 du Département, qui a permis l’ouverture de près de 20 hectares d’espaces de nature supplémentaires sur l’ensemble du territoire.
Le parc départemental du Chemin de l’île doit encore s’étendre, à terme, vers l’axe historique de La Défense. Cette perspective ouvre sur la Stratégie nature 2026-2030, votée le même jour par l’assemblée départementale. « Il est le point de départ d’une nouvelle ambition qui démontre la capacité de notre collectivité à transformer profondément notre territoire et ses paysages », a souligné Georges Siffredi lors de l’inauguration.