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Sécheresse : la crise touche onze communes

Par Assia Bedja
Publié le 3 août 2026 à 13h09 – Temps de lecture : 4 minutes

Depuis le début de l’été, la préfecture des Yvelines suit de près le niveau des cours d’eau du département face à la sécheresse. Le dispositif départemental distingue quatre niveaux de gravité – vigilance, alerte, alerte renforcée et crise – répartis sur six zones hydrographiques qui peuvent chacune se trouver à un stade différent selon leur bassin versant. Concrètement, la vigilance correspond à un simple appel à l’économie volontaire, l’alerte impose des restrictions d’usage renforcées, l’alerte renforcée resserre encore ces mesures, et la crise entraîne des limitations provisoires maximales des prélèvements, stade ultime de l’échelle avant d’éventuelles dérogations réservées aux usages prioritaires, comme l’eau potable ou la sécurité incendie.
Le 2 juillet, la préfecture a fait franchir à la zone Seine, qui couvre cent cinq communes du département, le seuil de l’alerte. En cause : des températures élevées et un déficit de précipitations qui ont fait chuter le débit de la Seine. Ce niveau intermédiaire a entraîné une série de restrictions : arrosage des jardins et espaces verts interdit entre 11h et 18h, arrosage des golfs proscrit de 8h à 20h, remplissage des piscines privées limité aux seuls appoints, lavage des véhicules à domicile ou en station suspendu sauf dispositifs récupérant l’eau, irrigation agricole par aspersion interdite aux mêmes horaires que les jardins – le goutte-à-goutte restant autorisé – et regroupement recommandé des passages d’écluses pour les bateaux.
Quinze jours plus tard, le 17 juillet, la situation s’est encore dégradée dans le secteur de la forêt de Rambouillet. Par arrêté pris ce jour-là et entré en vigueur le lendemain, le préfet a placé la zone sud-est en situation de crise, le niveau le plus sévère de l’échelle. Onze communes sont concernées : Bonnelles, Bullion, Cernay-la-Ville, Clairefontaine-en-Yvelines, Le Perray-en-Yvelines, Les Essarts-le-Roi, Raizeux, Rochefort-en-Yvelines, Saint-Arnoult-en-Yvelines, Saint-Léger-en-Yvelines et Sonchamp, un secteur rural où l’alimentation en eau potable et les prélèvements agricoles dépendent largement de petits cours d’eau très sensibles aux basses eaux estivales.
Dans ce périmètre, les restrictions ne sont plus limitées à certains horaires : elles deviennent totales. L’arrosage des parcs, jardins, espaces verts, terrains de sport et hippodromes est purement et simplement interdit, tout comme l’arrosage des golfs. Le remplissage des piscines privées n’est plus autorisé, même à titre d’appoint, et le lavage des véhicules est proscrit aussi bien à domicile qu’en station. Côté agricole, l’irrigation par aspersion reste bannie, le goutte-à-goutte demeurant la seule option tolérée.
Le reste du département n’échappe pas à la vigilance. Quatre autres zones, dont le secteur nord-ouest, restent classées en simple vigilance : aucune interdiction n’y est formellement imposée, mais la préfecture appelle habitants, entreprises et collectivités à limiter volontairement leur consommation d’eau.
Ces mesures s’appuient sur l’arrêté-cadre sécheresse du département, qui fixe depuis 2024 les seuils de déclenchement de chaque niveau en fonction des débits mesurés sur les principaux cours d’eau yvelinois – Seine, Orge, Rémarde, Yvette et Mauldre – chacun rattaché à l’une des six zones hydrographiques, l’Orge et la Rémarde étant particulièrement surveillées dans le secteur du plateau de Rambouillet. Des arrêtés spécifiques viennent ensuite actualiser, zone par zone, les mesures en vigueur au fil de l’évolution hydrologique.
Le non-respect de ces restrictions expose les contrevenants à une amende pouvant atteindre 1 500 euros, des contrôles pouvant être effectués sans préavis par les agents assermentés compétents en matière de police de l’eau.